elle ne Lui est pas exclusive ; bien au contraire, Ses anges, Ses prophètes, Ses messagers et Ses alliés se mettent, eux aussi, en colère par colère pour Lui. Dès lors, la demande d’être préservé des « al-maghdûb ‘alayhim » (ceux qui ont encouru la colère) – demande qui rejoint la position de Ses alliés – contient une indication, plus appuyée que ne le fait à elle seule l’expression « al-mun‘am ‘alayhim » (ceux à qui la grâce a été accordée), de Son exclusivité dans le fait de combler de bienfaits et que la grâce absolue vient de Lui seul.
Troisième aspect : l’omission de l’agent de la colère exprime pour celui qui en est la cible humiliation, rabaissement et diminution de valeur, chose que ne réalise pas la mention de l’agent de la grâce ; celle-ci, au contraire, honore le bénéficiaire, met son nom en avant et élève son rang, ce qu’aucune formulation elliptique ne saurait rendre. Si tu vois un homme qu’un roi a anobli, honoré et élevé, puis que tu dis : « Voici celui qu’a distingué le sultan ; il l’a revêtu d’un habit d’honneur et lui a donné tout ce qu’il désirait », ton propos est plus éloquent et plus grandiose que si tu te contentais de dire : « Voici celui qui a été honoré, revêtu, anobli et gratifié. »
Médite encore ce secret admirable : les causes et les rétributions afférentes aux trois groupes sont évoquées dans les termes les plus brefs et les plus concis. Accorder Sa grâce à ces gens implique qu’Il les a guidés – cette guidée étant la science utile et l’action vertueuse, la vraie direction et la religion de vérité – et qu’Il a parachevé Sa faveur en leur réservant la meilleure rétribution ; l’expression « an‘amta ‘alayhim » inclut donc les deux dimensions.
De même, le fait d’évoquer Sa colère contre « al-maghdûb ‘alayhim » renferme également deux éléments : la sanction de Sa colère, qui entraîne un châtiment et une humiliation extrêmes, et la cause par laquelle ils l’ont méritée, car Il est trop miséricordieux pour se fâcher sans faute ni égarement de leur part. Ainsi, Sa colère à leur encontre implique nécessairement leur égarement. A contrario, mentionner les égarés implique Sa colère et Son châtiment ; quiconque s’égare mérite en effet la punition que son égarement et la colère divine appellent.
Chaque description, pour chacune des trois catégories, renvoie ainsi de la façon la plus limpide et la plus complète à la cause comme à la sanction, avec une concision, une clarté et une éloquence parfaites : l’agent est nommé pour les bienheureux, passé sous silence pour les objets de la colère, et l’action est rapportée à la cause pour les égarés.
Contemple enfin le parallélisme entre la guidée et la grâce, et entre la colère et l’égarement ; Il mentionne