et que les épreuves qui frappent les musulmans sont figurées par les foudres. Le sens est : « ou encore, tel le cas de ceux qu’une averse a surpris. » Autrement dit : comme un groupe d’hommes que le ciel atteint dans ces conditions et qui subissent tout ce qu’une telle tempête fait subir.
Il poursuit : « L’avis juste, sur lequel les maîtres de la rhétorique ne transigent pas, est que les deux paraboles relèvent toutes deux de la comparaison composée et non de la comparaison décomposée ; il n’y a donc pas lieu d’attribuer à chaque élément pris isolément un correspondant précis. »
Cette opinion magistrale, cette méthode solide, se clarifie ainsi : les Arabes prennent parfois des réalités isolées, chacune détachée de l’autre, et les comparent à ce qui leur ressemble. Mais le Coran, lui, compare un état né de la réunion de plusieurs éléments qui se sont soudés jusqu’à ne plus former qu’une seule chose à un autre état du même type. Ainsi le Très-Haut dit (62:5) : « L’exemple de ceux à qui l’on a confié la Torah mais qui ne l’ont pas portée est celui de l’âne portant des livres. » Le propos est de comparer la condition des Juifs, qui ignorent ce qu’ils détiennent de la Torah et de ses signes éclatants, à celle de l’âne qui ne comprend rien aux volumes de sagesse qu’il porte ; pour lui, transporter ces livres ou n’importe quel autre fardeau revient au même, il n’en retire qu’un surcroît de peine et de fatigue.
De même, le Très-Haut dit (18:45) : « Propose-leur l’exemple de la vie d’ici-bas : elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel ; la végétation de la terre s’y mêle, puis elle devient un chaume que dispersent les vents. » Il s’agit de montrer que l’éclat de ce monde est aussi fugitif que cette végétation.
Vouloir, en revanche, rapprocher chaque élément isolé d’un élément unique opposé, sans qu’ils se combinent pour former un tout, n’est pas pertinent ici. Car il est question de la situation des hypocrites, plongés dans leur égarement, ballottés entre confusion et stupeur ; leur désarroi et la gravité de ce qui les frappe sont comparés à l’homme dont le feu s’est éteint après qu’il l’a allumé en pleine nuit noire, ou à celui qu’une pluie torrentielle surprend dans une nuit obscure, au milieu du tonnerre, des éclairs et de la crainte des foudres.
Il dit encore : « Si tu demandes : laquelle des deux paraboles est la plus expressive ? » – Je réponds : la seconde, car elle traduit plus fortement l’extrême perplexité, la sévérité de l’épreuve et son effroi. De même, les hypocrites eux-mêmes progressent dans cet état, du moins grave au plus dur.