un feu pour la guerre, Allah l’éteint.
Aussi la parole du Très-Haut : « Allah a emporté leur lumière » répond-elle à celle-ci : « Il l’a éteinte. » Leur déconvenue et la ruine de leurs desseins consistent, en réalité, dans le fait qu’Il les laisse plongés dans les ténèbres et l’égarement : ils ne trouvent aucune issue à la situation où ils se sont embourbés, n’aperçoivent aucune voie ; ils sont, au contraire, sourds, muets et aveugles.
Toutefois, bien que cette lecture soit fondée, il reste à savoir si elle est vraiment visée par le verset. Le contexte renvoie plutôt à autre chose, et s’y oppose notamment la parole du Très-Haut : « lorsqu’elle illumine ce qui l’entoure… » ; or, le feu allumé pour la guerre n’éclaire jamais ce qui l’entoure. S’y oppose encore : « Allah a emporté leur lumière », alors que le feu de la guerre ne produit aucune lumière ; puis : « Il les a laissés dans des ténèbres où ils ne voient pas », ce qui implique qu’ils sont passés de la clarté de la connaissance et de la perspicacité aux ténèbres du doute et de la mécréance.
Al-Hassan a dit : « Il s’agit de l’hypocrite : il a vu, puis il est devenu aveugle ; il a reconnu, puis il a renié. » D’où cette parole : « Ils ne reviennent pas », c’est-à-dire qu’ils ne reviennent pas à la lumière qu’ils ont quittée. Quant aux mécréants, le Très-Haut déclare (2 : 171) : « Sourds, muets, aveugles, ils ne raisonnent point. » Il a donc ôté la raison aux mécréants, parce qu’ils ne possèdent ni clairvoyance ni foi, tandis qu’Il a ôté aux hypocrites la faculté de revenir (à la foi), puisqu’ils avaient cru puis ont renié sans jamais retourner à la foi.
Section
[Sourate al-Baqara (2) : verset 19]
« Ou [encore] comme un orage venant du ciel, chargé d’obscurités, de tonnerre et d’éclairs ; par crainte de la foudre, ils mettent leurs doigts dans leurs oreilles de peur de mourir, alors qu’Allah cerne parfaitement les mécréants. » (19)
Il compare donc la part qui leur revient de la lumière et de la vie qu’Allah a fait descendre par l’entremise de Son Messager ﷺ à celle de l’homme qui a allumé un feu et qui, au moment précis où il en avait le plus besoin, le voit s’éteindre : la lumière disparaît, il reste dans l’obscurité, désemparé et perdu, incapable de trouver une voie ou de reconnaître le chemin. Il la compare encore à la part de ceux qui se trouvent sous un ṣayyib (averse torrentielle) – pluie qui descend du haut vers le bas. De même qu’Il assimile la guidée qu’Il accorde à Ses serviteurs à ce ṣayyib, car les cœurs revivent par elle comme la terre revit par la pluie, Il assimile la part que les hypocrites prennent de cette guidée à la part de celui qui, du ṣayyib, ne reçoit que ténèbres et tonnerre.