Parmi celles-ci : la grâce est un bienfait et une faveur, tandis que la colère relève de la vengeance et de la justice. Or la miséricorde prévaut sur la colère ; Il a donc rapporté à Lui-même la plus parfaite, la plus antérieure et la plus puissante des deux notions. Tel est l’usage coranique : attribuer à Allah les biens et les bienfaits.
En contrepartie, Il recourt au passif pour la notion opposée, comme on le voit dans la parole des croyants parmi les djinns : « Nous ne savons pas si un mal est voulu pour ceux qui sont sur terre ou si leur Seigneur veut pour eux la droiture » (Coran 72, 10) ; dans la déclaration de al-Khadir au sujet du mur et des deux orphelins : « Ton Seigneur a voulu qu’ils atteignent leur maturité et extraient leur trésor » (Coran 18, 82) ; et, à propos de la brèche pratiquée dans le navire : « J’ai voulu l’endommager » (Coran 18, 79), suivi de cette précision : « Je ne l’ai pas fait de mon propre chef. »
Considère encore ces versets : « Il vous est permis, la nuit du jeûne, d’avoir des rapports avec vos femmes » (Coran 2, 187) ; « Vous sont interdits la bête trouvée morte, le sang et la chair du porc » (Coran 5, 4) ; « Vous sont interdites vos mères [en mariage]… » puis : « Il vous est permis ce qui est au-delà de cela » (Coran 4, 24).
Le fait qu’Il réserve la grâce aux gens du sentier droit indique que la grâce absolue est celle qui assure la réussite éternelle. Une grâce non qualifiée, en revanche, parvient aussi bien au croyant qu’au mécréant ; toute la création jouit ainsi de Ses bienfaits. Ce point règle la controverse suivante : Allah accorde-t-Il, oui ou non, une grâce au mécréant ?
La grâce absolue revient donc aux gens de la foi, tandis qu’une grâce non spécifique atteint le croyant et le mécréant, comme l’affirme ce verset : « Si vous comptez les bienfaits d’Allah, vous ne pourrez les dénombrer ; l’homme est, certes, très injuste, très ingrat » (Coran 14, 34).
La grâce est de la même nature que la bienfaisance ; elle en est même l’essence. La bienfaisance du Seigneur s’étend au vertueux comme au pervers, au croyant comme au mécréant. Quant à la bienfaisance absolue, elle est réservée à ceux qui Le craignent et qui font le bien.
Deuxième aspect : Allah, exalté soit-Il, est l’Unique Détenteur des grâces : « Tout bienfait dont vous jouissez provient d’Allah » (Coran 16, 53). Il s’attribue donc ce dont Il est l’unique auteur ; si un bienfait est rapporté à une créature, c’est uniquement parce qu’elle en est le moyen et le canal. Quant à la colère vouée à Ses ennemis, elle ne Lui est pas exclusive