Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

l’imâm Aḥmad et Ṭâwus ⦗1⦘ ont déclaré : « Quiconque, réduit à manger de la bête morte, s’en abstient jusqu’à mourir entrera au Feu. »

Relève du même principe l’obligation de prendre un remède lorsqu’on est certain que, sans lui, l’on périrait ; c’est l’avis le plus solide des deux rapportés.

Si le médicament ne procure qu’une espérance raisonnable de guérison, la question se pose : son usage n’est-il que permis, voire recommandé, ou vaut-il mieux s’en abstenir ? Les Anciens comme les Modernes ont longuement divergé à ce sujet.

Le goût illicite inclut le fait de goûter au vin ou aux poisons mortels, ainsi que tout goût qui rompt un jeûne obligatoire.

Quant au goût réprouvé (makrûh), il englobe : goûter des aliments suspects ; manger au-delà du besoin ; prendre part au « ṭaʿâm al-fujâ’a », c’est-à-dire un plat que son consommateur débute soudainement sans avoir voulu t’inviter ; ou encore partager les agapes de ceux qui recherchent l’ostentation lors des banquets et autres invitations.

Les Sunan rapportent que le Messager d’Allah ﷺ « interdit la nourriture des rivaux ostentatoires ».

Relève également de la réprobation le fait de goûter à la nourriture de quelqu’un qui ne t’offre le plat que par gêne et non de bon gré.

Le goût recommandé consiste à manger ce qui aide à l’obéissance envers Allah, parmi ce qu’Il a permis ; à partager le repas du visiteur pour lui ouvrir l’appétit et qu’il atteigne son but ; et à manger chez l’hôte dont l’invitation est à accepter, qu’elle soit obligatoire ou simplement recommandée.

Certains juristes sont même allés jusqu’à rendre obligatoire de manger au banquet de noces (walîma) dont la présence est exigée, en se fondant sur l’ordre explicite émanant du Législateur.

(1) Il s’agit de l’imam Tawus b. Kaysan al-Yamani al-Jundi al-Khawlani, réputé tant pour son savoir que pour sa mise en pratique. Il étudia auprès de Aïsha et d’un groupe de Compagnons. Amr b. Dinar affirma : « Je n’ai jamais rencontré quelqu’un de semblable à Tawus. » À l’accession de Umar b. Abd al-Aziz, Tawus lui écrivit : « Si tu souhaites que toutes tes actions soient bonnes, nomme aux charges les gens de bien. » Umar répondit : « Voilà une exhortation suffisante. » Tawus mourut en pèlerinage à La Mecque, la veille du jour de Tarwiya, et Hisham b. Abd al-Malik dirigea sa prière funéraire. Il était considéré comme le plus érudit des tabiʿin en matière de licite et d’illicite. Décédé en 106 H. Voir : Shadharat al-dhahab.
أحمد وطاوس «١» : من اضطر إلى أكل الميتة فلم يأكل حتى مات، دخل النار. ومن هذا: تناول الدواء إذا تيقن به من الهلاك، على أصح القولين. وإن ظن الشفاء به، فهل هو مستحب مباح، أو الأفضل تركه؟ فيه نزاع معروف بين السلف والخلف. والذوق الحرام: كذوق الخمر والسموم القاتلة. والذوق الممنوع منه للصوم الواجب. وأما المكروه: فكذوق المشتبهات، والأكل فوق الحاجة، وذوق طعام الفجاءة، وهو الطعام الذي تفجأ آكله، ولم يرد أن يدعوك إليه، وكأكل أطعمة المرائين في الولائم والدعوات ونحوها، وفي السنن: أن رسول الله ﷺ: «نهى عن طعام المتبارين» وذوق طعام من يطعمك حياء منك لا بطيبة نفس. والذوق المستحب: أكل ما يعينك على طاعة الله ﷿، مما أذن الله فيه. والأكل مع الضيف ليطيب له الأكل، فينال منه غرضه. والأكل من طعام صاحب الدعوة الواجب إجابتها أو المستحب. وقد أوجب بعض الفقهاء الأكل من الوليمة الواجب إجابتها، للأمر به عن الشارع.
(١) هو الإمام طاوس بن كيسان اليماني الجندي الخولاني أحد الأعلام علما وعملا أخذ عن عائشة وطائفة، قال عمرو بن دينار: ما رأيت أحدا قط مثل طاوس، ولما ولي عمر بن عبد العزيز كتب إليه طاوس: إن أردت أن يكون عملك كله خيرا فاستعمل أهل الخير فقال عمر: كفى بها موعظة، توفي حاجا بمكة قبل يوم التروية بيوم وصلّى عليه هشام بن عبد الملك، كان أعلم التابعين بالحلال والحرام. توفي سنة ست ومائة. (انظر شذرات الذهب) .

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