et l’acquittement du témoignage requis, ainsi que la véracité dans la parole.
Quant aux paroles recommandées, elles comprennent : la récitation du Coran, la permanence dans le rappel d’Allah, l’échange autour de la science profitable et tout ce qui s’y rattache.
Les paroles interdites, à l’inverse, englobent tout ce que Dieu et Son Messager abhorrent : professer des innovations contraires à la mission du Prophète, y appeler, les embellir ou les renforcer ; calomnier, insulter un musulman et lui nuire par la parole ; mentir ; porter un faux témoignage ; et parler d’Allah sans science, interdit plus grave que tous les autres.
Relève du répréhensible (makrûh) toute parole dont l’abandon vaudrait mieux que le fait de la prononcer, sans qu’elle entraîne toutefois de sanction.
Les Anciens ont divergé sur la question suivante : la langue peut-elle formuler un propos strictement permis, parfaitement neutre ? Ibn al-Mundhir et d’autres rapportent deux avis.
Premier avis : chaque parole est soit à l’avantage de son auteur, soit à sa charge ; il n’existe rien qui ne soit ni pour ni contre lui. Ils s’appuient sur le hadith célèbre : « Tout propos du fils d’Adam est compté contre lui et non en sa faveur, sauf le rappel d’Allah et ce qui s’y rattache » ⦗1⦘. Ils ajoutent que toute parole est consignée, et que ne sont enregistrés que le bien ou le mal.
Deuxième avis : il existe bel et bien des paroles permises, sans mérite ni péché, à l’instar des mouvements licites des autres membres. Ils soutiennent qu’une grande partie des paroles n’est visée par aucun ordre ni aucune interdiction, ce qui correspond à la catégorie du permis.
L’examen attentif montre toutefois que le mouvement de la langue n’est jamais parfaitement neutre : il penche nécessairement soit du côté prépondérant, soit du côté moindre. Car la langue possède un statut que n’ont pas les autres membres ; lorsque le fils d’Adam se lève le matin, tous ses organes s’en remettent à elle et lui disent : « Crains Allah, car nous dépendons de toi ; en vérité… »