Al-Tafsīr al-QayyimIbn al-Qayyim

et l’acquittement du témoignage requis, ainsi que la véracité dans la parole.

Quant aux paroles recommandées, elles comprennent : la récitation du Coran, la permanence dans le rappel d’Allah, l’échange autour de la science profitable et tout ce qui s’y rattache.

Les paroles interdites, à l’inverse, englobent tout ce que Dieu et Son Messager abhorrent : professer des innovations contraires à la mission du Prophète, y appeler, les embellir ou les renforcer ; calomnier, insulter un musulman et lui nuire par la parole ; mentir ; porter un faux témoignage ; et parler d’Allah sans science, interdit plus grave que tous les autres.

Relève du répréhensible (makrûh) toute parole dont l’abandon vaudrait mieux que le fait de la prononcer, sans qu’elle entraîne toutefois de sanction.

Les Anciens ont divergé sur la question suivante : la langue peut-elle formuler un propos strictement permis, parfaitement neutre ? Ibn al-Mundhir et d’autres rapportent deux avis.

Premier avis : chaque parole est soit à l’avantage de son auteur, soit à sa charge ; il n’existe rien qui ne soit ni pour ni contre lui. Ils s’appuient sur le hadith célèbre : « Tout propos du fils d’Adam est compté contre lui et non en sa faveur, sauf le rappel d’Allah et ce qui s’y rattache » ⦗1⦘. Ils ajoutent que toute parole est consignée, et que ne sont enregistrés que le bien ou le mal.

Deuxième avis : il existe bel et bien des paroles permises, sans mérite ni péché, à l’instar des mouvements licites des autres membres. Ils soutiennent qu’une grande partie des paroles n’est visée par aucun ordre ni aucune interdiction, ce qui correspond à la catégorie du permis.

L’examen attentif montre toutefois que le mouvement de la langue n’est jamais parfaitement neutre : il penche nécessairement soit du côté prépondérant, soit du côté moindre. Car la langue possède un statut que n’ont pas les autres membres ; lorsque le fils d’Adam se lève le matin, tous ses organes s’en remettent à elle et lui disent : « Crains Allah, car nous dépendons de toi ; en vérité… »

(1) Rapporté par al-Tirmidhi d’après Umm Habiba, n° 2412. Rapporté également par al-Bukhari, dans al-Tarikh, d’après le même transmetteur, avec la formulation : « kullu kalami ibn Adama ʿalayhi lâ lahu illâ amruhu bil-maʿrûf » (toute parole du fils d’Adam se retourne contre lui et non en sa faveur, sauf s’il ordonne le bien), 1/1/262.
الشهادة المتعينة، وصدق الحديث. وأما مستحبه: فتلاوة القرآن ودوام ذكر الله، والمذاكرة في العلم النافع، وتوابع ذلك. وأما محرمة فهو النطق بكل ما يبغضه الله ورسوله، كالنطق بالبدع المخالفة لما بعث الله به رسوله، والدعاء إليها وتحسينها وتقويتها، وكالقذف وسب المسلم، وأذاه بكل قول، والكذب، وشهادة الزور، والقول على الله بلا علم، وهو أشدها تحريما. ومكروهه: التكلم بما تركه خير من الكلام به، مع عدم العقوبة عليه. وقد اختلف السلف. هل في حقه كلام مباح متساوي الطرفين؟ على قولين. ذكرهما ابن المنذر وغيره. أحدهما: أنه لا يخلو كل ما يتكلم به: إما أن يكون له أو عليه. وليس في حقه شيء لا له ولا عليه. واحتجوا بالحديث المشهور، وهو «كل كلام ابن آدم عليه لا له، إلا ما كان من ذكر الله وما والاه» «١» . واحتجوا بأنه يكتب عليه كلامه كله. ولا يكتب إلا بالخير والشر. وقالت طائفة: بل هذا الكلام مباح لا له ولا عليه كما في حركات الجوارح. قالوا: لأنّ كثيرا من الكلام لا يتعلق به أمر ولا نهي. وهذا شأن المباح. والتحقيق: أن حركة اللسان بالكلام لا تكون متساوية الطرفين، بل إما راجحة وإما مرجوحة. لأن للسان شأنا ليس لسائر الجوارح، وإذا أصبح ابن آدم فإن الأعضاء كلها تكفر اللسان، تقول: اتق الله فإنما نحن بك، فإن
(١) أخرجه الترمذي عن أم حبيبة برقم ٢٤١٢. وأخرجه البخاري في التاريخ عن أم حبيبة بلفظ: كل كلام ابن آدم عليه لا له إلّا أمره بالمعروف ١/ ١/ ٢٦٢.

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