Ainsi, la charge que renferme la parole coranique « iyyāka naʿbudu » (« C’est Toi que nous adorons ») pèse d’abord sur le cœur avant de concerner les membres. Si l’on l’ignore et qu’on renonce à s’en acquitter, le cœur se remplit inéluctablement de tout ce qui lui est contraire ; au degré même où l’on s’en acquitte, on se débarrasse de ces contraires.
Ces vices et leurs semblables peuvent constituer, selon leur intensité, soit de menus péchés, soit de grands péchés, leur gravité variant avec leur force ou leur subtilité.
Relèvent aussi des menus péchés le désir des interdits et le fait de les convoiter. L’ampleur de cette convoitise croît ou décroît selon la gravité de l’objet convoité : désirer la mécréance ou l’association revient à mécr(oindre) ; désirer l’innovation relève de la dépravation ; désirer les grands péchés est une désobéissance. Celui qui, tout en ayant la capacité d’y succomber, s’en abstient par crainte d’Allah, en sera récompensé. Mais s’il y renonce uniquement parce qu’il est incapable de réunir les moyens nécessaires pour les commettre, il mérite la sanction du fauteur ; il est placé, pour la rétribution comme pour le châtiment, au même rang que l’auteur effectif, même si, sur le plan juridique, il ne lui est pas pleinement assimilé. C’est pourquoi le Prophète ﷺ a dit : « Lorsque deux musulmans s’affrontent l’épée à la main, le tueur et sa victime iront l’un et l’autre en Enfer. » On demanda : « Ô Messager d’Allah, nous comprenons pour le tueur, mais pourquoi la victime ? » Il répondit : « Parce qu’il brûlait du désir de tuer son compagnon. » ⦗1⦘
Il a donc placé la victime au rang du meurtrier pour l’ardeur qu’elle mettait dans le péché, non pour la peine légale encourue. Il existe de nombreux parallèles de ce type en matière de récompense et de châtiment intérieurs.
On déduit de tout cela ce qui, pour le cœur, est recommandé ou simplement permis.
Section
Quant aux cinq formes de servitude du langage, l’aspect obligatoire comprend :
– la prononciation des deux attestations de foi ;
– la récitation des passages du Coran dont dépend la validité de la prière ;
– l’énonciation des formules de rappel obligatoires à l’intérieur de la prière, qu’Allah et Son Messager ont prescrites, telles que le tasbîḥ (« subḥâna rabbiyal-ʿaẓîm ») durant l’inclination et la prosternation, la louange « Seigneur, à Toi la louange » après le relèvement du rukūʿ, la récitation du tachahhud, ainsi que la proclamation du takbîr (« Allahu akbar »).
Relèvent également de ses obligations : répondre au salut — l’initiative à cet égard faisant l’objet de deux avis —, ordonner le bien, interdire le blâmable, instruire l’ignorant, guider l’égaré et l’accomplissement