car l’Être nécessaire, éternel, est plus parfait que l’être contingent et créé ; de plus, toute perfection que l’effet créé possède provient de l’Auteur, le Créateur. Or ils affirment eux-mêmes que la perfection de l’effet découle de la perfection de la cause ; dès lors, il est impossible qu’une perfection se trouve dans la créature sans provenir du Créateur ; celui-ci est donc, à meilleur titre, digne de cette perfection.
Il est, par évidence rationnelle, établi que le néant ne peut faire surgir l’être, pas plus que l’être déficient ne peut produire ce qui lui est supérieur en perfection, car la déficience n’est qu’une pure privation. C’est pourquoi le Seigneur n’est jamais qualifié, parmi les attributs négatifs, que de ceux qui impliquent un attribut positif ; le néant absolu, en effet, ne comporte aucune perfection.
Ainsi, – qu’Il soit exalté – dit : « Allah ! Point de divinité en dehors de Lui, le Vivant, le Subsistant ; ni somnolence ni sommeil ne Le saisissent » ; Il se déclare donc exempt de somnolence et de sommeil, car cette négation renferme la perfection de la Vie et de la Subsistance. De même, Sa parole : « Et la fatigue ne Nous a point touchés » implique la perfection de Sa Puissance ; Sa parole : « Rien, fût-ce le poids d’un atome, ne Lui échappe dans les cieux ni sur la terre » implique la perfection de Sa Science. Il en va de même de Sa parole : « Les regards ne L’atteignent point ». Selon la majorité, cela signifie : ils ne L’encerclent pas ; cela ne signifie pas : ils ne Le voient pas. En effet, la négation de la vision est commune au non-existant et ne constitue donc pas une louange, contrairement au fait qu’Il ne puisse être cerné ni saisi, ce qui implique que, par Sa grandeur, les regards sont incapables de L’envelopper ; cela atteste une perfection immense que les yeux sont impuissants à embrasser. Dès lors, ce verset établit la réalité de Sa vision tout en niant que l’on puisse L’encercler, à l’encontre de ce que s’imaginent les jahmiyyah, qui pensent qu’il nie la vision.
Troisième point : il convient d’affirmer que la perfection exempte de toute imperfection, sous quelque aspect que ce soit