Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

On dit d’un être qu’il est aveugle, sourd ou muet lorsqu’il se trouve privé d’une faculté qu’il est, par nature, apte à recevoir ; à l’inverse, on ne qualifie pas un corps inerte d’aveugle, de sourd ou de muet, car il n’est pas réceptif à de telles facultés. Par conséquent, ôter la vie, la science, la puissance et la parole à l’Être nécessaire n’implique nullement qu’Il doive être décrit par leurs contraires – la mort, l’ignorance, l’incapacité et le mutisme –, à moins qu’Il ne soit susceptible de ces imperfections ; or cette susceptibilité est soit impossible, soit non démontrée. Cette pseudo-objection a égaré nombre d’esprits brillants parmi les penseurs tardifs, jusqu’à al-Âmidî et ses semblables ; elle est toutefois invalide à plusieurs égards :

Premier point : soit Il est susceptible de se voir attribuer les attributs de perfection – vie, science, puissance et analogues –, soit Il ne l’est pas. S’Il ne l’était pas, cela constituerait une déficience plus grande encore que d’être susceptible de ces attributs sans en être effectivement qualifié, car l’être inanimé est plus déficient que l’animal aveugle. Puisque Le qualifier d’aveugle, de sourd ou de muet est impossible, alors même que celui qui peut l’être est plus accompli que celui qui ne peut recevoir ni ces défauts ni leurs contraires, il devient évident que l’impossibilité de recevoir ces attributs constitue une déficience supérieure. Or, si cette qualification est impossible pour Lui, affirmer qu’Il n’est pas susceptible des attributs de perfection l’est à plus forte raison ; il est donc inadmissible de prétendre qu’Il n’est pas apte à recevoir les attributs de perfection. Mais s’Il est apte à les recevoir – selon la relation « privation / possession » (al-ʿadam wa-l-malaka) dans leur terminologie –, alors, S’Il n’était pas qualifié par la vie, la science et la puissance, Il devrait nécessairement l’être par la mort, l’ignorance et l’incapacité ; or cela est manifestement impossible, et son contraire est donc vrai.

Deuxième point : toute perfection attestée chez une créature appartient, à plus forte raison, au Créateur ; et toute imperfection dont une créature est exempte, le Créateur mérite, a fortiori, d’en être exalté.

يقال له أعمى أصم أبكم إذا عدم عنه ما من شأنه أن يقبله بخلاف الجماد فإنه لا يقال له أعمى أصم أبكم لأنه لا يقبل ذلك وحينئذ فلا يلزم من سلب الحياة والعلم والقدرة والكلام عن واجب الوجود أن يكون موصوفا بما يقابل ذلك من الموت والجهل والعجز والخرس إلا أن يكون قابلا لذلك وهذا ممنوع أو غير معلوم وهذه الشبهة قد أضلت خلقا من أذكياء المتأخرين حتى الآمدي وأمثاله وهي باطلة من أوجه: أحدها أن يقال إما أن يكون قابلا للاتصاف بصفات الكمال من الحياة والعلم والقدرة ونحو ذلك وإما ألا يكون قابلا لذلك فإن لم يكن قابلا لذلك كان ذلك أعظم في النقص من كونه قابلا لذلك غير متصف به فإن الجماد أنقص من الحيوان الأعمى وإذا كان اتصافه بكونه أعمى أصم أبكم ممتنعا مع كون المتصف بذلك أكمل ممن لا يقبل الاتصاف بهذا وبضده علم أن كونه غير قابل للاتصاف بذلك أعظم في نقصه وإذا كان ذلك ممتنعا فهذا أعظم امتناعا فامتنع أن يقال أنه غير قابل للاتصاف بصفات الكمال وإذا كان قابلا للاتصاف بذلك تقابلا تقابل العدم والملكة باصطلاحهم فإن لم يتصف بالحياة والعلم والقدرة لزم اتصافه بالموت والعجز والجهل وهذا ممتنع بالضرورة فنقيضه حق الوجه الثاني أن يقال كل كمال ثبت للمخلوق فالخالق أحق به وكل نقص تنزه عنه مخلوق فالخالق أحق بتنزيهه

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