Allah – Très-Haut – les possède donc. Ainsi, lorsque vous déclarez : « Il est Vivant, Savant, Tout-Puissant », vous L’assimilez par là à d’autres êtres qui sont, eux aussi, vivants, savants et puissants ; vous tombez ainsi dans le tajsîm, tout comme lorsque vous affirmez pour Lui la vie, la science et la puissance, car nul n’est connu sous ces noms si ce n’est un corps, pas plus qu’on ne connaît d’être qualifié de ces attributs excepté un corps.
Ils se sont donc mis à nier les plus beaux Noms d’Allah et à dire : « Il n’est ni existant, ni vivant, ni savant, ni puissant. » Puis certains d’entre eux se sont bornés à nier toute affirmation. L’autre groupe leur a alors rétorqué : « Lorsque vous affirmez qu’Il n’est ni existant, ni vivant, ni savant, ni puissant, vous L’assimilez au néant, tout comme l’affirmation L’assimile à l’existant. Il faut donc dire : Il n’est ni existant ni inexistant, ni vivant ni mort, ni savant ni ignorant. »
Ces gens-là s’imaginent être les plus intelligents et les meilleurs des hommes, alors qu’ils comptent parmi les plus ignorants, les plus égarés et les plus mécréants. On leur dira d’abord : vous avez supprimé les deux contradictoires, alors que deux contradictoires ne peuvent ni se réunir ni s’annuler simultanément. De même qu’il est impossible qu’ils se rencontrent, il est impossible qu’ils disparaissent tous deux ; et de même qu’il est impossible de dire d’une même chose qu’elle est à la fois existante et inexistante, il est tout aussi impossible d’affirmer qu’elle n’est ni existante ni inexistante.
Quant au fait de nier à la fois la vie et la mort, la science et l’ignorance, la parole et le mutisme, ils répondront que ces paires s’opposent selon le mode « privation / possession » (al-ʿadam wa-l-malaka) et non selon le mode « négation / affirmation ». Ils établissent en effet une distinction en disant que priver une chose de ce qu’elle est apte à recevoir relève de la privation, à laquelle s’oppose la possession ; ainsi, priver l’être animé de science, d’ouïe ou de vue constitue une privation, contrairement à la privation de ces mêmes qualités chez un corps inerte. Ils disent donc : « L’être animé… »