Car tout existant dans la réalité extérieure est un être déterminé et particulier, tandis que les universaux ne sont universaux que dans les esprits, non dans les choses. Le Créateur Lui-même est un Être nécessaire et déterminé, Il n’est pas un universel ; de même, ce qui procède de Lui – tels les orbes célestes, les intelligences et les âmes qu’ils postulent – est particulier. S’Il ne connaissait que d’une manière universelle, Il ne se connaîtrait donc pas Lui-même, ni ce qui procède de Lui, ni les sphères. Or, il n’existe rien qui ne soit particulier ; si donc Il ne connaissait que les universaux, Il ne connaîtrait aucun des existants.
Ils prétendent encore qu’Il est une cause parfaite impliquant nécessairement le monde, et que le monde naît de Lui d’une génération inéluctable dont il ne peut se séparer, car la cause parfaite implique toujours son effet. Leur assertion selon laquelle les âmes et les intelligences seraient des effets qui Lui sont causés et engendrés constitue une impiété plus grave encore que la parole de certains polythéistes arabes qui disaient : « Les anges sont les filles d’Allâh. » Allâh – exalté soit-Il – dit :
« Ils ont attribué à Allâh des associés parmi les jinns, alors que c’est Lui qui les a créés ; ils Lui ont forgé des fils et des filles sans aucun savoir. Pureté à Lui ! Il est très-haut au-dessus de ce qu’ils décrivent. » [Coran 6 : 100]
Ces philosophes soutiennent que l’intellect tient lieu de mâle et l’âme de femelle, et que l’un et l’autre sont engendrés d’Allâh – Très-haut. Quant aux premiers, ils disaient qu’Il a créé les anges par Sa volonté et Sa puissance et qu’Il est le Seigneur des cieux et de la terre ; mais ceux-ci affirment que les intellects, que ceux d’entre eux qui se prétendent musulmans nomment « anges », sont des effets engendrés par Allâh