Et celui qui médite ces arguments et les saisit comprend, par nécessité, la fausseté de la doctrine de ces gens : le Créateur du monde ne peut être une cause complète, éternelle, produisant par Sa seule essence ; Il doit plutôt être l’Auteur des choses, les faisant advenir l’une après l’autre. Or cela n’est possible que s’Il agit par Sa volonté et Sa puissance – ce qui est précisément la conclusion recherchée.
Sache que ces propos sont ceux des philosophes tardifs parmi eux, tels Ibn Sînâ et ses semblables, et qu’ils valent mieux que ceux de leurs prédécesseurs, comme Aristote. En effet, Aristote, dans le livre de la Métaphysique – sommet de leur savoir et de leur sagesse –, ne s’est appuyé, pour établir la première cause, que sur le « mouvement du désir ». Après avoir posé que le mouvement de la sphère procède du désir et de la volonté, et que ce qui est mû par le désir et la volonté doit nécessairement avoir un objet visé, son bien-aimé, sa quête, il conclut qu’il existe une cause finale qui est ce Bien-Aimé, cet Adoré recherché. Ils affirment alors que la sphère se meut pour lui ressembler, à l’image du fidèle qui suit le mouvement de son imâm ; parfois ils disent que la sphère cherche à imiter le Premier Principe, d’autres fois qu’elle veut ressembler à l’Intellect, l’Intellect, quant à lui, aspirant à ressembler à l’Éternel.