décrit par des attributs de perfection, ainsi que l’ont exposé les imâms de la Sunna : Il n’a jamais cessé d’être Parlant lorsqu’Il le veut ; Il n’a jamais cessé d’être Vivant, accomplissant des actes qui subsistent en Lui ; Il n’a jamais cessé d’être Tout-Puissant, tandis que tout ce qui est en dehors de Lui est créature, survenu par Son acte. Les choses adviennent donc de Lui successivement, les unes après les autres : aucune d’entre elles n’a coexisté avec Lui ni ne L’a accompagné sous quelque aspect que ce soit. – Et Allah est plus savant. – Cela compte parmi les preuves de la création temporelle de chaque entité du monde considérée individuellement. Ce n’est pas ici le lieu d’en développer le détail ; nous nous bornons à montrer l’invalidité de leur argument, qui constitue leur principal appui. Nous avons signalé que leur thèse entraîne la survenue d’événements sans agent et une régression infinie des causes ; or cela est impossible selon la raison évidente et même selon l’aveu de nos contradicteurs.
Les démonstrations que nous avons exposées se confirment par le troisième argument – bien qu’il en ait déjà été fait allusion – à savoir que la cause efficiente complète doit nécessairement exister en même temps que l’effet, et non auparavant. Ils reconnaissent ce principe ; il en découle que tout événement contingent possède une cause efficiente complète présente lors de son apparition. Si l’on soutenait que l’événement contingent précédant un autre constitue l’intégralité de cette cause, une partie de celle-ci se trouverait alors existante avant l’effet, de sorte que sa cause complète ne serait pas réunie lors de sa survenue. Il faudrait donc admettre que les événements surviennent sous la condition d’un préalable antérieur à leur existence. Or, si l’on concède que les entités puissent exister par un agent antérieur à leur apparition et par une condition contingente préalable, il ne serait plus nécessaire qu’elles possèdent une cause efficiente complète ; aucun événement ne disposerait alors d’une telle cause dont tous les éléments seraient réunis au moment même où il advient. Mais puisqu’il n’existe qu’une Cause efficiente éternelle et qu’aucun des événements contingents ne possède de cause complète, il s’ensuivrait qu’ils n’ont pas de producteur : conclusion manifestement impossible.