Ils sont unanimement d’accord – conformément à la preuve décisive – que, si le monde était sans commencement, son Agent impliquerait nécessairement son effet. Or le monde comporte des événements contingents, et il est impossible que ce qui implique de tels événements procède d’un Agent dont l’effet Lui est inséparablement concomitant.
Supposons qu’Il ait imposé l’existence du monde puis y ait fait advenir ces événements : cette hypothèse est également inadmissible, car elle impliquerait la survenue d’événements sans cause nouvelle, ce qui, comme on l’a établi, est impossible.
Si l’on veut reformuler l’argument : si la survenue d’événements sans cause incidente était permise, la création du monde deviendrait concevable et l’affirmation de sa nécessité éternelle serait annulée ; et si cela est impossible, la même affirmation s’effondre, puisque des événements ne peuvent provenir d’un Nécessitant éternel. Ainsi, dans les deux cas, l’opinion des philosophes sur la nécessité de l’éternité du monde est réfutée et leur démonstration réduite à néant.
De même, si l’on affirme : « Si la régression infinie des événements est impossible, il s’ensuit que le monde est créé ; si elle est possible, chaque entité du monde peut surgir d’un événement antérieur », l’argument établissant l’éternité de l’une quelconque de ses parties se voit invalidé et l’affirmation de sa nécessité s’avère, dans l’un et l’autre cas, dépourvue de fondement.
Cette méthode établit donc la création temporelle de tout ce qui existe, sans qu’il soit besoin de prétendre que le Seigneur serait devenu capable après ne pas l’avoir été, ou devenu agent après ne pas l’avoir été. Conforme à la doctrine des Salaf et des imâms, elle n’annule ni les actes d’Allah subsistants en Lui, ni Ses attributs ; elle ne Le prive ni d’action ni des attributs de perfection ; elle n’affirme pas la survenue d’un événement sans cause incidente et ne privilégie pas un possible sans facteur prépondérant.
Elle conjugue ainsi des preuves rationnelles sûres, indemnes de contradiction, aux textes révélés qui viennent confirmer la conclusion de la raison, et elle montre que le Seigneur n’a jamais cessé, et ne cessera jamais, d’être tel qu’Il est.