l’éternité, car leur existence même y est impossible ; dès lors, Il ne saurait être une cause efficiente parfaite d’aucun des mouvements dits éternels.
Le mouvement qui produit les choses successivement, l’une après l’autre, ne peut en aucune façon procéder d’une cause efficiente parfaite et éternelle, quelle que soit la manière dont on conçoive l’affaire.
Si donc l’Être prééternel implique nécessairement le mouvement — qu’il s’agisse d’un mouvement inhérent à Lui, comme celui de la sphère céleste, ou d’un mouvement concomitant et dépendant de Lui, ainsi qu’ils le prétendent à propos de l’Intellect —, il est impossible que la cause nécessitante Le nécessite, Lui, sans nécessiter en même temps ledit mouvement concomitant ; il est tout aussi impossible qu’Elle nécessite ce mouvement concomitant. Par conséquent, dans l’une comme dans l’autre hypothèse, Il ne peut être une cause nécessitante. Il s’ensuit que la prééternité du monde, ou de quelque partie que ce soit du monde, est impossible : c’est là le résultat recherché.
Il s’agit là d’un noble argument établissant l’apparition temporelle de tout ce qui est autre qu’Allah, de façon absolue. Il repose sur des prémisses correctes que reconnaissent les philosophes aussi bien que les autres.
En effet, pour une cause qui nécessite par son essence, il est unanimement admis que son effet lui est concomitant. Quant à l’Agent qui agit par libre choix, trois opinions sont professées : certains soutiennent que l’objet voulu doit nécessairement accompagner Sa volonté ; d’autres jugent qu’une telle concomitance Lui est impossible ; d’autres enfin estiment que les deux cas sont possibles. Or, quel que soit le parti adopté, il s’ensuit que tout ce qui est autre qu’Allah est également survenu dans le temps.
Car si l’on affirme qu’il est indispensable que l’objet voulu Lui soit concomitant, il devient impossible que Sa volonté d’une chose déterminée soit éternelle : celle-ci Lui serait alors concomitante de toute éternité, et l’argument reviendrait à celui concernant la cause nécessitante par essence, dont l’impossibilité à l’état éternel a déjà été établie. Il est donc impossible que quoi que ce soit de ce qu’Il veut soit éternel.
Et si l’on soutient qu’il faut nécessairement que l’effet survienne après Sa volonté, il en découle que l’objet voulu est survenu dans le temps, et