l’antériorité éternelle de Son effet devient donc impossible. Et si l’on avançait qu’il se peut qu’un certain effet L’accompagne, on Le ramènerait au principe qui produit par la seule nécessité de Son essence ; à ceci près que ce principe-ci produirait en outre par Sa volonté et Sa puissance.
Le point visé est que, si le monde était éternel, il faudrait nécessairement que son Agent Le renferme dans Son propre acte ; il est exclu que cet Agent soit de ceux dont l’effet se trouve différé. En effet, tout agent se ramène à trois cas : ou bien son effet doit lui être concomitant, ou bien son effet doit lui être postérieur, ou bien les deux états sont possibles. Si donc le monde était éternel, il serait inadmissible que son Agent appartînt à la seconde catégorie, car cela réunirait deux contraires : comment son effet pourrait-il être éternel et sans commencement tout en étant postérieur à Lui, survenant après n’avoir pas existé ?
Il ne reste donc que deux options : soit l’effet doit accompagner l’Agent, soit l’un et l’autre états sont possibles. Mais la seconde hypothèse est également invalide : si la concomitance comme la non-concomitance de l’effet sont possibles, l’existence de l’effet est alors purement contingente, et ce qui est contingent ne voit l’une de ses deux faces l’emporter sur l’autre qu’en vertu d’un facteur prépondérant. Or, le raisonnement concernant ce prépondérant vaut pour tout autre facteur : si l’Agent le nécessite, il sera concomitant, entraînant la concomitance de l’effet premier ; s’il n’est pas nécessairement concomitant, il demeure possible et requiert un autre prépondérant, et ainsi de suite. Il est donc indispensable de remonter à un prépondérant parfait qui implique nécessairement son effet.
Il ressort ainsi que, si le monde était éternel, son Auteur devrait être un prépondérant parfait impliquant nécessairement son effet, qu’on le désigne par l’expression de « cause parfaite »