une condition rendant possible l’action de cette volonté dans la réalisation de la suivante. Suivant cet ordonnancement jusqu’à l’extrémité du trajet, il apparaît donc qu’il est indispensable qu’une motion éternelle et perpétuelle intervienne entre le Premier Principe et ces phénomènes. Or, il est impossible que cette motion perpétuelle soit rectiligne, car il en résulterait l’affirmation de distances infinies, ce qui est absurde. Il faut donc qu’existe un corps mû par un mouvement circulaire : il s’agit de la sphère céleste.
Il est ainsi établi que les mouvements des sphères sont les principes prochains des événements qui surviennent dans ce monde, de telle sorte que la sphère constitue un corps simple. Or, les rapports qui unissent les parties homogènes sont eux-mêmes homogènes, et des réalités identiques dans l’ensemble de leur quiddité ne sauraient être causes de réalités différentes. Il faut donc que, dans les corps des sphères, se trouvent des corps de natures diverses, dont les rapports et les configurations varient, afin que ces configurations puissent, là-haut, constituer des principes pour l’apparition des divers phénomènes de notre monde. Ces corps de natures diverses enchâssés dans les sphères célestes sont les astres errants, c’est-à-dire les planètes. Il en résulte que les principes prochains de la génération des phénomènes dans le monde de la naissance et de la corruption sont les conjonctions des planètes.
Ar-Râzî dit : « Les partisans de cette doctrine, à savoir les philosophes et les Sabéens, proclamèrent ensuite la seigneurie (rubūbiyya) de ces planètes, se livrèrent à leur adoration, érigèrent pour chacune d’elles un temple particulier et une idole déterminée, et se vouèrent à leur service », puis il poursuivit son exposé jusqu’à la fin.
Je dis : Telle est la formulation la plus aboutie de leur principe et la conclusion qu’ils recherchent dans cette démonstration ; pourtant, pour qui saisit la véritable portée des prémisses de cet argument, elle indique le contraire de ce qu’ils prétendent, car l’affirmation de l’Agent parfait ab aeterno