Or, cela fait partie des points que nous avons réfutés. – Le second type de régression consiste en ce que la série se déroule de telle sorte que chacun de ses éléments soit précédé d’un autre, sans commencement. Le tout premier d’entre eux devient alors, nécessairement, celui qui s’impose ; en effet, toutes les autres divisions ayant été invalidées, il ne reste que celle-ci vers laquelle il faut se tourner.
Son exposé est le suivant : on dira que cette cause éternelle, nécessaire par essence, est, par essence également, source d’effusion ; cependant, tout événement est précédé d’un autre événement, de sorte que l’achèvement du précédent conditionne l’effusion du suivant. Par cette voie, le Premier Principe devient le principe même des phénomènes soumis au changement.
Ils disent : « Il en est un exemple dans les mouvements naturels comme dans les mouvements volontaires. »
S’agissant des mouvements naturels, la motte de terre projetée vers le haut revient, du fait de sa pesanteur, vers le sol ; la cause déterminante de ce mouvement, d’un bout à l’autre de la trajectoire, est justement cette pesanteur. Toutefois, cette pesanteur ne fait passer le corps du second lieu au troisième que parce que le mouvement antérieur l’avait déjà conduit au second ; ainsi, la réalisation et l’achèvement de la première portion du mouvement devient la condition permettant à cette pesanteur d’agir sur la translation du corps du second lieu au troisième. Il en va de même pour chacun des segments du mouvement.
Quant au mouvement volontaire, lorsque quelqu’un se propose de rendre visite à un ami, cette volonté influe sur le déplacement du corps depuis l’endroit où il se trouve jusqu’à celui de cet ami ; néanmoins, l’influence de cette volonté dans la production du second pas est précédée par l’accomplissement et la fin du premier. Et, suivant ce même enchaînement, chaque pas précédent est