Première position : établissement de l’existence des forces célestes efficientes.
Son exposé est le suivant : les événements advenant dans ce monde élémentaire requièrent nécessairement des causes. Or, ces causes sont soit contingentes, soit éternelles. Si elles sont contingentes, elles auront besoin d’autres causes, et l’on tomberait dans une régression à l’infini, hypothèse impossible, car la cause efficiente doit exister concomitamment avec son effet. Si donc l’agent qui confère l’existence à chaque événement était lui-même un autre être contingent, et cela à l’infini, il s’ensuivrait que cette chaîne sans terme de causes et d’effets se produirait d’un seul coup. Or, cela est impossible, car cet ensemble, pris dans sa totalité comme dans chacun de ses éléments, est possible et survenu. Or tout possible advenu possède une cause distincte de lui-même ; dès lors, cet ensemble, tant dans son tout que dans chacune de ses parties, dépend d’une cause. La cause de l’ensemble des possibles et de chacune de ses parties n’est ni possible ni survenue : elle est nécessaire et éternelle.
Il est donc établi que la série de tous les possibles aboutit à un Être nécessaire par essence, et la thèse de la régression à l’infini est ainsi caduque. Une fois acquis que tous les possibles et tous les survenus se ramènent à une cause éternelle, nécessaire par essence, nous disons : soit que tout ce qui est requis pour son efficacité causale soit présent de toute éternité, soit qu’il n’en soit pas ainsi. Relève de ce second avis celui qui soutient qu’Il n’a créé tel événement qu’à ce moment précis, parce que le créer alors était plus adéquat que de le créer à un autre moment.