D’une manière générale, comment osent-ils donc prétendre se rendre semblables à Allah, – qu’Il soit exalté – alors que la similitude qu’ils posent constitue un širk manifeste dans la divinité, laquelle est l’apanage exclusif d’Allah ?
Prétendre qu’un seul d’entre nous, par sa propre capacité et son libre choix, puisse susciter pour Allah un égal (nidd), est déjà en soi une assertion blasphématoire ; or, quiconque attribue la divinité à un autre qu’Allah – fût-ce à un ange ou à un prophète – commet un polythéisme d’autant plus grave. Que dire, alors, de celui qui la reconnaît à de simples êtres humains et ordonne aux créatures de devenir des divinités imitant Allah ?!
Allah – Très-Haut – a dit :
« Il ne sied à aucun être humain qu’Allah lui accorde le Livre, l’autorité et la prophétie, puis qu’il dise aux gens : “Adorez-moi, en dehors d’Allah.” Mais [il dira plutôt] : “Soyez des hommes voués au Seigneur (rabbâniyyîn), du fait de votre enseignement du Livre et de votre étude.”
Et il ne vous ordonnera point de prendre les anges et les prophètes pour seigneurs. Vous ordonnerait-il la mécréance après que vous êtes devenus musulmans ? » (sourate Âl-ʿImrân, v. 79-80).
C’est pour cette raison que ceux qui ont emprunté la voie de ces gens se sont égarés : leur visée première est devenue de ressembler à Allah, et ils s’appuient sur ce qu’ils rapportent : « Takhallaqû bi-akhlâqillâh » – « Revêtez-vous des attributs d’Allah. »
Abû Hâmid rédigea un commentaire des plus Beaux Noms d’Allah, dans lequel il incorpora l’idée de se conformer à Allah dans chacun de Ses Noms, appelant cela « at-takhalluq », et ce jusqu’à Ses Noms al-Jabbâr (le Contraignant), al-Mutakabbir (le Superbe) et al-Ilâh (la Divinité), ainsi que d’autres Noms encore qui, d’après le Texte et le consensus, sont réservés à Allah et dans lesquels les serviteurs n’ont aucune part, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ dans le hadith