Mais, parce que le terme « Ilāh » se trouve dans le Noble Coran, et que les traducteurs qui ont arabisé les écrits de ces philosophes l’ont également employé en en exposant le sens dans leur propre langue, il s’est produit – du fait de l’homonymie entre les deux langues – une confusion pour quiconque ne connaît ni l’intention du Coran par le mot « Ilāh », ni celle de ces gens ; or, l’écart entre les deux acceptions est immense.
Puisque l’objectif de ces derniers est de Lui ressembler, ils ne L’adorent en réalité pas et ne recherchent pas Son aide ; ils sont donc en dehors de la religion des envoyés qui proclament : « C’est Toi que nous adorons et c’est Toi dont nous implorons le secours. » En effet, celui qui veut imiter un autre ne vise qu’à lui être semblable, selon la mesure de ses capacités ; s’il lui était possible de Lui ressembler sous tous rapports, il le ferait, mais il ne peut accomplir que ce qui est à sa portée. Son intention n’est ni l’amour même de celui qu’il imite, ni l’humiliation devant lui, mais simplement la parité, tout comme l’élève vient à remplacer son maître, ou le fils à suppléer son père.
Cela n’implique ni l’amour ni la haine de l’imité ; très souvent, cette imitation s’accompagne d’envie, de jalousie et de rivalité, même si elle peut parfois en être dépourvue. Le plus souvent, lorsqu’elles sont présentes toutes deux, la confrontation et la concurrence deviennent inéluctables : c’est là le « nidd », le rival. Le summum, selon eux, est donc que l’un d’eux se fasse lui-même rival d’Allah.
Il est ensuite des plus étonnants que ces gens prétendent au tawḥīd et poussent à l’extrême la négation du tashbīh, au point de rejeter les ṣifāt (attributs divins). Ils stigmatisent les Gens du Livre pour les attributs rapportés dans la Torah et ailleurs, et rejettent la parole qui s’y trouve : « Nous créerons un homme à Notre image, qui Nous ressemble » ; pourtant, ils affirment qu’un des leurs se rend semblable à Allah. Si, selon eux, cette formulation peut recevoir une acception correcte – la ressemblance étant concevable sous un aspect et impossible sous un autre –, Allah est plus capable de réaliser cela que l’un d’entre eux ; et si cela est impossible