La divinité d’Allah est plus haute et plus parfaite ; de même, l’existence est partagée par tous les êtres, mais l’existence nécessaire est la plus parfaite.
Ce chirk est plus funeste encore que le polythéisme des Arabes idolâtres : ceux-ci, bien qu’ils aient pris des intermédiaires en disant : « Ils sont nos intercesseurs auprès d’Allah » et : « Nous ne les adorons que pour qu’ils nous rapprochent davantage d’Allah », ne visaient pas, par la divinisation, la ressemblance et l’imitation, mais l’adoration, l’abaissement et l’amour. Eux, tout en commettant un chirk grave en associant à Allah Ses créatures, ont fait de la divinisation pour nous le fait de ressembler à la divinité, non pas de L’aimer, de L’adorer, de L’invoquer et de Lui demander.
Ainsi, la qualité d’ilāh n’est pas, à leurs yeux, réservée à Allah ; car la ressemblance repose, selon eux, sur ce principe : l’être inférieur imite celui qui le surpasse, lequel imite celui qui lui est supérieur, et ainsi de suite jusqu’à l’ultime degré. Ils L’ont donc appelé « le Dieu des dieux ».
C’est pourquoi ils disent : « Chaque sphère céleste se meut afin de ressembler à son intellect ; ainsi, la sphère de la lune se meut pour s’assimiler au dixième intellect, tandis que la neuvième sphère se meut pour s’assimiler au huitième intellect. »
Par cette voie, Aristote et ses disciples ont affirmé Son existence : ils soutiennent que la sphère se meut pour Lui ressembler, comparant ce mouvement à l’aimé qui attire son amoureux ; or l’amoureux aime l’essence de l’aimé, tandis que la sphère, selon eux, n’aime que la ressemblance avec Allah. Ils l’assimilent encore au mouvement de l’imâm qui entraîne les prieurs ou du chef suivi par ses partisans. Par ce raisonnement, ils n’ont donc pas établi qu’Allah, Seigneur des mondes, a créé et fait advenir la sphère, ni qu’Il est l’Ilāh de l’univers que le serviteur aime, espère et craint.