L’autre argument, rationnel, établit que quiconque, dans ce domaine, sait distinguer entre l’espèce (al-nawʿ) et l’individu particulier (al-ʿayn) parvient à démêler l’erreur de la vérité dans la question des actes divins, de la parole et du discours.
Sache que les gens doués d’entendement sont les Salaf de la communauté et ses imâms, ceux qui se conforment à ce qu’a apporté le Livre, par opposition à ceux qui divergent au sujet du Livre et s’en écartent — ceux au sujet desquels il a été dit :
« Et certes, ceux qui se sont opposés au sujet du Livre sont dans une dissension profonde. »
Dès lors, le Seigneur — exalté soit-Il — a fait exister chaque contingent après qu’il n’était pas, et tout ce qui n’est pas Lui est survenu après n’avoir pas été. Cela n’implique nullement que Sa perfection intrinsèque, qui Lui revient de droit, se renouvelle ; Il n’a cessé d’être Savant, Puissant, Souverain, Pardonneur, et de parler comme Il le veut, ainsi que l’ont formulé explicitement l’imâm Aḥmad et d’autres imâms des Salaf.
Si l’on objecte : « L’espèce même de l’acte doit nécessairement être précédée par le néant », on répond : d’où tires-tu cela ? Ni le Livre ni la Sunna ne l’indiquent, et la raison n’y conduit pas. Une telle affirmation impliquerait que le Seigneur deviendrait capable de ce type d’acte après n’en avoir pas été capable. Or, s’Il a toujours été Tout-Puissant, l’existence de l’objet de Sa puissance est possible. Si cet objet avait été impossible puis devenait possible, il s’ensuivrait que le Seigneur acquerrait une capacité après en avoir été dépourvu, et que l’acte passerait de l’impossibilité à la possibilité sans qu’aucun événement ne survienne ni ne se renouvelle. En vérité, l’azal (l’éternité passée) n’est pas une réalité déterminée ; il exprime seulement l’absence de commencement, tout comme l’abad (l’éternité future) exprime l’absence de fin. Quel que soit le moment que l’on conçoive, l’azal le précède sans limite, comme l’a dit le Prophète — que les prières et la paix d’Allah soient sur lui —