Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Al-Ashʿarî, ainsi que ceux qui le suivent, ont adopté l’avis de Jahm au sujet du décret divin (al-qadar). Certes, ils affirment l’existence de la puissance (qudra) et de l’acquisition (kasb), mais ce qu’ils établissent n’a, en réalité, aucune consistance : leur déclaration n’est autre que celle de Jahm, quand bien même ils le contredisent formellement quant à l’affirmation de la capacité et du « kasb ». C’est pourquoi leur position, qui consiste à nier la sagesse (ḥikma) et les causes (asbâb) présentes dans la Sharîʿa, contredit le consensus des Pieux Prédécesseurs et des juristes. En effet, l’un de leurs principes est qu’Allah ne crée pas en vue d’une sagesse et n’ordonne pas en vue d’une sagesse ; de sorte que, selon eux, il n’existe dans le Coran aucune « lâm de causalité » lorsqu’il est question de Sa création ou de Son commandement. Et lorsqu’on s’entretient avec eux des phénomènes naturels, ils ramènent toute chose au simple fait que l’Agent capable fait prévaloir l’une des deux possibilités sans cause, soutenant que tout lien constaté n’est qu’une habitude pure, sans connexion intrinsèque entre les éléments ; puis ils attribuent même cet énoncé à la Sunna.

Jamais aucun des anciens imâms ni des imâms de l’Islam — pas même les quatre ni d’autres — n’a tenu semblable propos ; bien au contraire, les textes rapportés d’eux et d’autres le contredisent explicitement, même si certains groupes parmi leurs disciples tardifs l’ont adopté, imitant en cela les théologiens spéculatifs affiliés à Jahm.

Ainsi, lorsqu’ils abordèrent la question de la raison, ils ne la considérèrent pas comme une faculté innée (gharîza), car, selon eux, il n’existe dans l’être ni disposition innée, ni nature, ni force capable de produire un effet ou de servir de cause à autre chose, qu’il s’agisse de la capacité du fils d’Âdam ou d’autre chose. Ils furent donc contraints de la définir comme une forme de connaissance nécessaire, poussant leur raisonnement jusqu’au bout.

Or, les textes transmis des imâms de la religion stipulent clairement que la raison est une aptitude innée, comme l’ont affirmé Aḥmad ibn Ḥanbal, al-Ḥârith al-Muḥâsibî et d’autres.

والأشعري ومن وافقه اتبعوا جهما على قوله في القدر وإن كانوا يثبتون قدرة وكسبا لكن ما أثبتوه لا حقيقة له في المعنى بل قولهم هو قول جهم وإن نازعوه في إثبات القدرة والكسب ولهذا كان قولهم في نفي ما في الشريعة من الحكم والأسباب خلاف إجماع السلف والفقهاء فإن من أصولهم أن الله لا يخلق لحكمة ولا يأمر لحكمة بل ليس عندهم في القرآن لام تعليل في خلقه وأمره وإذا تكلموا معهم في الأمور الطبيعية أحالوا جميع ذلك على مجرد ترجيح القادر بلا سبب وأن ما وجد من الاقتران فهو عادة محضة لا لارتباط بين هذا وهذا ثم قد يضيفون هذا القول إلى السنة. وهذا القول لم يقله قط أحد من سلف الأئمة ولا أئمة المسلمين لا الأربعة ولا غيرهم بل المنصوص عنهم وعن غيرهم خلاف هذا القول وإن كان قد قاله طوائف من أصحابهم المتأخرين متابعة لمن قال ذلك من أهل الكلام المتبعين لجهم. ولهذا لما تكلموا في العقل لم يجعلوه غريزة إذ كان عندهم ليس في الوجود غريزة ولا طبيعة ولا قوة يكون لها أثر أو تكون سببا في غيرها لا قدرة ابن آدم ولا غيرها فاحتاجوا إلى أن جعلوه نوعا من العلوم الضرورية وأتموا الأمر فيه. والمنصوص عن أئمة الدين أن العقل غريزة كما ذكر ذلك أحمد بن حنبل والحارث المحاسبي وغيرهما.

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