mais la plupart d’entre eux ont engagé avec les philosophes une controverse viciée, tant du point de vue de l’audition que de la raison ; ils n’ont pas saisi la religion de l’Islam dans nombre des questions qu’ils leur disputaient, allant même jusqu’à adjoindre à la religion ce qui n’en fait pas partie. Dans leur argumentation et leurs réponses à leurs contradicteurs, ils n’ont pas énoncé la vérité ; ils ont plutôt réfuté une fausseté par une autre fausseté, et opposé une innovation à une autre innovation.
Cependant, l’erreur des philosophes est plus grave ; ils s’écartent davantage de la vérité, attestée par les preuves scripturaires et rationnelles, dans les questions relatives à la Divinité et à la religion, que ces innovateurs parmi les théologiens spéculatifs. Or, la connaissance insuffisante que possèdent ces derniers de la vérité et de ses preuves a donné aux premiers l’ascendant, tels des soldats dépravés qui, lorsqu’ils affrontent l’armée des mécréants, ne sont ni des justes pieux ni des pervers vigoureux ; ainsi s’exposent-ils à la domination des mécréants. Et si, par perversité et injustice, ils leur surviennent à bout, ils finiront tout de même par être vaincus, car l’oppression conduit à une fin funeste. La justice, quant à elle, est obligatoire pour chacun envers chacun, en toute circonstance ; c’est précisément pour que les hommes établissent l’équité qu’Allah a envoyé les Messagers et révélé les Écritures.
Allah, exalté soit-Il, dit :
« Nous avons certes envoyé Nos Messagers avec les preuves évidentes, et fait descendre avec eux le Livre et la Balance afin que les hommes observent la justice. Et Nous avons fait descendre le fer, dans lequel se trouve une force redoutable et des avantages pour les gens » (Sourate al-Hadîd, 25).
Il dit encore : « Allah, c’est Lui qui a fait descendre le Livre en toute vérité ainsi que la Balance » (Sourate ash-Shûrâ, 17).
Et Il dit : « Il a élevé le ciel, et Il a établi la Balance » (Sourate ar-Rahmân, 7).