Cependant, chacune de ces thèses peut affecter nombre de gens dans certaines questions ; ainsi, l’on tombe dans la sophistique à propos de ce point précis, à l’instar des mécréants qui ont renié ce qu’ils savaient être la vérité.
Allah — Très-Haut — dit :
« Et ils les nièrent, alors que leurs âmes en étaient convaincues, par injustice et orgueil ; regarde donc quelle fut la fin des corrupteurs. »
(Sourate an-Naml, 14)
Et Il dit :
« Ceux à qui Nous avons donné le Livre le reconnaissent comme ils reconnaissent leurs propres enfants ; mais un groupe d’entre eux dissimule sciemment la vérité. »
(Sourate al-Baqarah, 146)
Et Il — Exalté soit-Il — dit :
« Ce n’est pas toi qu’ils traitent de menteur ; mais ce sont les injustes qui renient les signes d’Allah. »
(Sourate al-Anʿâm, 33)
En effet, il existe dans le monde des gens qui mentent et rapportent, dans bien des affaires, le contraire de ce qu’ils savent ; toutefois, nul ne ment dans tout ce qu’il dit. De même, certains renient quantité de vérités dont ils ont connaissance, sans pour autant démentir tout ce qu’on leur transmet, qu’il s’agisse de données sensibles ou autres. Ainsi, quiconque nie les réalités alors qu’il les connaît, ou nie la science malgré son existence, compte parmi les menteurs. Celui qui feint l’ignorance en affirmant : « Je ne sais pas », est de ceux qui cachent la vérité qu’ils possèdent, tel celui qui dissimule un témoignage.
Quant à celui qui fait dépendre les réalités des croyances — comme le pensent certains dialecticiens qui estiment qu’il n’y a, pour les événements non couverts par un texte décisif, aucun jugement déterminé à rechercher par l’ijtihâd, le jugement se conformant plutôt à la croyance — on a dit de cette doctrine : « Son commencement est de la sophistique. » Il s’agit, en vérité, d’une sophistique qui est apparue chez un groupe de dialecticiens intelligents ; c’est là l’avis d’Abû al-Hudhayl et d’Abû