du Livre et de ceux qui leur sont apparentés, à l’exclusion des autres, ou bien si elle doit être prélevée sur tout mécréant avec lequel il est permis de conclure un pacte. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — ne la perçut pas auprès des Arabes parce que leur combat eut lieu avant la révélation du verset instituant la jizya, ou bien parce que les polythéistes arabes en seraient exclus : trois avis célèbres sont rapportés à ce sujet parmi les savants.
La majorité autorise la perception de la jizya auprès des polythéistes de l’Inde, des Turcs et d’autres peuples non arabes, de même qu’elle permet de conclure avec eux des pactes lorsque le besoin ou l’intérêt l’exige. Quant à savoir si ces pactes peuvent être conclus pour une durée indéterminée ou doivent nécessairement être limités dans le temps, deux opinions sont également rapportées.
C’est pourquoi l’on trouve chez de nombreux exégètes l’affirmation que les versets que l’on croit signifier l’interdiction du combat seraient abrogés par le « Verset du Sabre ». Ceux qui ont ainsi déclaré que la parole du Très-Haut :
« Dis : Ô vous les mécréants… »
serait abrogée, se fondent sur cette approche. Or, l’avis correct est que ce verset ne traite nullement du combat, ni sous forme d’ordre ni sous forme d’interdiction ; il énonce uniquement la désaveu de la religion des mécréants — et cela est un principe immuable qui ne saurait jamais être abrogé. Quant à prétendre, au sujet de ce verset ou d’un autre, que le Messager aurait agréé la religion d’un mécréant, jamais aucun savant musulman, ni l’un des prédécesseurs de la communauté, ni des premiers ni des derniers, n’a tenu pareille parole ; une telle affirmation n’émane que de celui qui est dépourvu