Allah – exalté soit-Il – dit dans la sourate al-Barâ’a :
« Une répudiation émane d’Allah et de Son Messager à l’égard des polythéistes avec lesquels vous avez conclu un pacte » (Sourate at-Tawba, v. 1),
puis jusqu’à Sa parole :
« Sauf ceux des polythéistes avec lesquels vous avez passé un pacte » (Sourate at-Tawba, v. 4),
et jusqu’à Sa parole :
« Maintenez donc votre pacte avec eux jusqu’à l’échéance fixée ; certes, Allah aime les pieux » (Sourate at-Tawba, v. 4).
Un groupe de juristes a pensé qu’il n’était pas permis de conclure un pacte avec les mécréants si ce n’est pour un terme déterminé. Ensuite, ils se sont divisés : certains ont soutenu qu’il était permis de le rompre et qu’il ne serait pas contraignant ; d’autres ont affirmé au contraire qu’il demeurait obligatoire et ne pouvait être dénoncé. Ils ont également divergé au sujet de la dénonciation, par le Prophète – que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui –, dudit pacte. Or l’avis correct est qu’il est licite de conclure un pacte, qu’il soit illimité ou à terme ; s’il est assorti d’une échéance, il est contraignant et il n’est pas permis de le rompre, conformément à la parole : « Maintenez donc votre pacte avec eux jusqu’à l’échéance fixée » (Sourate at-Tawba, v. 4). S’il est conclu sans terme, il n’est pas contraignant, car les contrats obligatoires ne sauraient être permanents, tels la société (sharika), la procuration (wakâla), et autres. Cette question a été exposée en détail ailleurs, où chaque opinion a été citée nommément.
L’intention ici est que, lorsque Allah révéla la sourate Barâ’a et y dit :
« Lorsque les mois sacrés seront expirés, tuez les polythéistes » (Sourate at-Tawba, v. 5),
– ces quatre mois au sujet desquels Allah dit : « Parcourez donc la terre librement durant quatre mois » (Sourate at-Tawba, v. 2) –, il ne s’agit pas des mois sacrés que sont Dhû al-Qa‘da, Dhû al-Ḥijja, Muharram et Rajab. Certains ont prétendu qu’il s’agissait de ces mois-là, mais ils se sont trompés. Puis Il dit : « Tuez les polythéistes où que vous les trouviez, saisissez-les… »