Alors le Prophète – que les prières d’Allah et Son salut soient sur lui – envoya Abû Bakr comme émir chargé du pèlerinage et lui ordonna d’interdire la circumambulation de la Maison par les personnes dénudées, ainsi que de défendre aux polythéistes d’accomplir le ḥajj. Aussi proclamait-il, durant la saison : « À compter de cette année, aucun polythéiste ne fera plus le pèlerinage et nul ne tournera autour de la Maison en étant nu. » Il dépêcha ensuite ʿAlî ibn Abî Ṭâlib afin qu’il notifiât la répudiation des pactes aux polythéistes qui possédaient des traités indéfinis.
Abû Bakr demeura l’émir du pèlerinage, tandis que ʿAlî priait derrière lui et se conformait à ses ordres. Cependant, le Prophète – que les prières et la paix d’Allah soient sur lui – l’envoya (ʿAlî) parce qu’il était d’usage, chez les Arabes, que les pactes ne fussent contractés ou annulés que par le chef obéi ou par un homme de sa famille ; il craignit donc que, s’il ne dépêchait pas quelqu’un de la sienne, on ne consentît pas à la dénonciation des pactes.
Abû Bakr ne retourna pas à Médine et ne fut démis d’aucune charge que le Prophète lui avait confiée ; tout récit affirmant le contraire est un mensonge manifeste, reconnu pour tel. Quant à la supériorité qui lui fut accordée sur ʿAlî, elle intervint après que le Prophète lui eut dit, lors de l’expédition de Tabûk : « Ne te satisfait-il pas d’occuper vis-à-vis de moi la position de Hârûn auprès de Mûsâ ? », ainsi que cela a été exposé en détail en son lieu, et il dit