Il énonce ce qui est une information concernant Allah : qu’Il est l’Unique, l’Absolu, puis Il dit, dans cette [sourate] :
« Dis : “Ô vous les mécréants ! Je n’adore pas ce que vous adorez.” »
Ainsi, Il lui ordonne de proclamer qu’il n’adore rien de ce qu’ils adorent en dehors d’Allah, car il n’adore qu’Allah, Lui Seul.
Un sens identique apparaît dans la parole du Très-Haut :
« Appelle donc, et tiens-toi droit comme il t’a été ordonné ; ne suis pas leurs passions ! Dis : “Je crois en ce qu’Allah a fait descendre comme Livre, et il m’a été ordonné d’être équitable entre vous. Allah est notre Seigneur et votre Seigneur. À nous nos œuvres et à vous vos œuvres. Il n’existe point d’argument entre nous et vous.” »
(Sourate Ach-Chourâ, v. 15)
C’est-à-dire : point de controverse. Le terme ḥujjah désigne ce dont l’adversaire se prévaut, même lorsque c’est faux ; le mot n’implique pas que l’argument soit véridique. Lorsqu’il est véridique, on le nomme alors bayyinah, burhân ou dalîl. De là la parole d’Allah – exalté soit-Il :
« Afin que les hommes n’aient plus d’argument contre Allah après l’envoi des messagers. »
(Sourate An-Nisâ’, v. 165)
et Sa parole :
« … afin que les gens n’aient pas d’argument contre vous, excepté ceux d’entre eux qui ont été injustes. »
(Sourate Al-Baqarah, v. 150)
Il s’agit des polythéistes : ils se prévalent contre vous d’un argument fallacieux, disant : « Il est revenu vers notre qibla, il est donc près de revenir à notre religion. » C’est ainsi que les savants parmi les Compagnons et les Successeurs – qu’Allah les agrée – ont expliqué ce verset.
Quant à ceux, parmi les postérieurs, qui ont soutenu que « illâ » a ici le sens de la conjonction « wa » et ont compris : « … afin que les gens n’aient pas d’argument contre vous, et ceux qui ont été injustes parmi eux… », leur assertion relève d’une fausseté dont la corruption apparaît sous de nombreux aspects.