qu’ils altèrent la Loi du Messie, déclarant licite ce qu’ils veulent et illicite ce qu’ils veulent, tandis que les musulmans disent : « Le Seigneur des mondes prescrit ce qu’Il veut ; à Lui la création et le commandement. Nul parmi les créatures n’a le droit de changer Sa religion ni d’altérer Sa législation ; c’est toutefois Lui qui fait advenir, de Son ordre, ce qu’Il veut : Il efface ce qu’Il veut et confirme ce qu’Il veut. »
Il en va de même pour les législations touchant au licite (ḥalâl) et à l’illicite (ḥarâm). Les Juifs se virent interdire des nourritures bonnes qui leur avaient été rendues licites, en guise de sanction ; ils furent également astreints à une grande rigueur concernant les souillures, évitant quantité de choses pourtant pures, en plus de l’impureté elle-même. Les chrétiens, au contraire, ne déclarent pas illicite ce qu’Allah et Son Messager ont rendu illicite ; ils rendent licites les abominations et manipulent les souillures, et plus un moine s’adonne à ces impuretés et abominations, plus il est estimé parmi eux. Quant aux musulmans, Allah leur a rendu licites les choses bonnes et leur a interdit les mauvaises ; ils tiennent la voie médiane en toutes choses — mais ce n’est pas ici le lieu d’en faire l’exposé détaillé.
De la même façon, les gens de la Sunna, au sein de l’islam, adoptent une position médiane à propos des Compagnons : entre les Râfiḍa qui exagèrent au sujet de ʿAlî, le considérant infaillible, ou Prophète, voire divinité, et les Khâridjites qui le vouent à l’anathème.
Ils sont également au juste milieu concernant la menace de châtiment : entre les waʿîdiyyah — Khâridjites et Muʿtazilites — et les Murji’ah, qui n’affirment pas de façon catégorique le châtiment de l’un des pervers de la communauté.
Ils se tiennent encore au juste milieu au sujet du Décret : entre les négateurs du Destin, tels les Muʿtazilites et autres, et les fatalistes jahmites qui nient la sagesse d’Allah dans Sa création et Son commandement.
Enfin, ils occupent une voie moyenne au sujet des attributs divins : entre les négateurs (al-muʿaṭṭilah), qui rejettent tout ou partie des attributs d’Allah et Le comparent au néant et à l’inanimé, et les assimilateurs (al-mumaththilah), qui assimilent Ses attributs à ceux des créatures.