Or, si l’on admet qu’une action doive nécessairement être précédée par l’inexistence, il faudra alors soutenir qu’Il a fait exister après n’avoir pas été producteur. Ainsi le philosophe infère de l’état de la cause efficiente celui de l’effet, tandis que le théologien infère de l’état de l’effet celui de la cause — telle est la grande bataille, la calamité suprême en cette question.
Je dis : la prémisse fondée sur la perfection et la déficience est plus noble que celle fondée sur la nécessité et la possibilité, comme cela a été longuement exposé ailleurs. Or l’intention, ici, est de dire qu’il est permis d’affirmer : si chacun, le théologien comme le philosophe, recevait une guidance parfaite, il saurait que ce qu’indique la raison concorde avec ce qu’ont rapporté les Messagers et avec l’autre démonstration rationnelle, car les preuves de la raison ne se contredisent pas entre elles et ne contredisent pas la révélation des Messagers.
On dira donc au philosophe : entends-tu par ta parole « de la permanence de Son Essence découle la permanence de Son efficience » la permanence de Son efficience à l’égard d’une chose déterminée, tels les orbes célestes et semblables ? Entends-tu également la permanence d’un effet déterminé, comme les sphères ou autre ? Ou veux-tu plutôt signifier la permanence de Son efficience à l’égard de toute chose ? Ou encore désignes-tu simplement la permanence absolue de l’efficience et de l’effet ?
Si tu vises la première signification, ton affirmation n’est pas correcte à plusieurs égards ; le premier est que cette preuve n’exige pas la permanence d’une efficience relative à un effet particulier, mais seulement la permanence, de façon absolue, de l’efficience et de l’effet. Dans cette hypothèse, lorsque l’on dit : « Allâh n’a jamais cessé d’être qualifié par des attributs… »