un esprit séparé ; alors se déverse sur lui quelque chose de cet esprit, lequel, à son tour, a reçu l’effusion de l’Ordre venant du Seigneur. Ils ont comparé cela au rayon du soleil qui, lorsqu’il frappe un miroir, est ensuite réfléchi par ce miroir vers autre chose. Ce sens a été évoqué par Ibn Sînâ, par al-Ghazâlî dans son « Al-Maḍnûn bihi ʿalâ ghayri ahlih », ainsi que par d’autres qui se sont appuyés sur leur fondement corrompu : en effet, ceux-ci ne considéraient pas qu’Allâh entend la parole de Ses serviteurs, qu’Il sache ce qu’il y a dans leurs âmes, qu’Il soit capable de modifier quoi que ce soit dans le monde, ni qu’Il possède une volonté par laquelle Il agit comme Il veut. C’est donc sous cet angle qu’ils ont établi la notion d’intercession.
Or, cette conception est plus mauvaise encore que l’intercession qu’affirmaient les polythéistes arabes, les chrétiens, les innovateurs parmi les musulmans et leurs semblables, ceux qui reconnaissent pourtant qu’Allâh est un Agent doté de volonté ; car ceux-là admettaient l’existence d’un intercesseur qui intercède auprès d’Allâh pour que Celui-ci exauce son besoin, assimilant leur intercesseur à celui qui intercède auprès des rois.
Allâh – qu’Il soit glorifié et exalté – a annulé pareille prétention et a déclaré mécréant quiconque établit cette forme d’intercession, lorsqu’Il dit :
« Ils adorent, en dehors d’Allâh, ce qui ne peut ni leur nuire ni leur profiter, et ils disent : “Ceux-ci sont nos intercesseurs auprès d’Allâh.” Dis : “Informez-vous Allâh de ce qu’Il ne connaît ni dans les cieux ni sur la terre ?” » (Sourate Yûnus, v. 18)
Il dit également :
« Et avertis, par ce [Coran], ceux qui craignent d’être rassemblés auprès de leur Seigneur : ils n’ont, en dehors de Lui, ni protecteur ni intercesseur ; peut-être seront-ils pieux. » (Sourate al-Anʿâm, v. 51)
Et Il dit encore :
« Allâh est Celui qui a créé les cieux et la terre ainsi que ce qui est entre eux en six jours, puis S’est établi sur le Trône. Vous n’avez, en dehors de Lui, ni allié ni intercesseur ; ne vous rappellerez-vous donc pas ? » (Sourate as-Sajda, v. 4)