Ainsi, leur affirmation concernant la prééternité des sphères célestes, de la matière dont elles sont faites, des Intelligences et des âmes, ou de toute autre chose, ne repose absolument sur aucune preuve. Nous avons traité cette question en détail ailleurs, en examinant tout ce qui a été mentionné dans ce chapitre, et nous y avons montré qu’aucun de ces éléments n’implique la prééternité d’une quelconque partie du monde. Telle est la limite extrême à laquelle aboutit la raison des gens sensés dans ce domaine.
C’est pourquoi Abû ʿAbd Allâh ar-Râzî, dans la conclusion de son ouvrage intitulé « Al-Arbaʿîn », aborde la quarantième question, qui clôt le livre et vise à établir les prémisses auxquelles on se réfère pour démontrer les thèses rationnelles. Il y déclare : « Sache qu’il existe deux prémisses sur lesquelles les théologiens spéculatifs et les philosophes fondent la plus grande partie de leurs recherches.
La première est la prémisse du perfectionnement et de la déficience, telle qu’ils disent : “Cet attribut relève des attributs de perfection ; il convient donc de l’affirmer pour Allah — exalté soit-Il. Cet attribut relève des attributs de déficience ; il convient donc de le nier au sujet d’Allah — exalté soit-Il.” »
Et il ajouta : « La plupart des doctrines des mutakallimûn se ramifient à partir de cette prémisse. »