Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

ce qui est établi dans l’ordre externe, ou encore qu’il entend par l’une et l’autre tout ce qui est conçu dans l’esprit. On est même allé jusqu’à prétendre qu’il existerait dans l’intellect deux réalités distinctes : une quiddité et son existence, ou bien que, dans le monde extra-mental, se trouveraient deux réalités : une quiddité et son existence. Tout cela est erroné.

Par cette distinction précise, disparaissent l’ambiguïté et la controverse portant sur la question : la quiddité est-elle autre que son existence ou non ? Celui qui ne procède pas à cette clarification se verra, soit plongé dans la perplexité et l’arrêt – à l’instar d’al-Āmidī et de ses semblables –, soit tenu de tenir des propos contradictoires – comme al-Rāzī et ceux de son acabit –, soit encore persister dans la fausseté lorsqu’il prend parti pour l’une des deux opinions, ainsi que le font certains théologiens dialecticiens et philosophes.

Il s’agit ici de signaler l’origine de leur méprise : ils s’imaginent que ce qui se trouve dans l’esprit existe, en tant que tel, à l’extérieur, de la même façon qu’ils l’ont supposé à propos des universaux. Les premiers d’entre eux – partisans des Idées platoniciennes et disciples de Pythagore – les ont cru séparés de toute réalité sensible ; leurs successeurs, les disciples d’Aristote, les ont tenus pour inséparables des existants concrets. C’est pourquoi, parmi les entités immatérielles qu’ils prétendent détachées de la matière, rien ne peut réellement leur être concédé, si ce n’est l’âme humaine lorsqu’elle se sépare du corps ; car elle est effectivement séparée de celui-ci au moment de la mort. C’est uniquement sur cette base qu’ils ont qualifié d’« immatérielles » et « séparées de la matière » les autres choses qu’ils postulent.

Ainsi, ce qu’ils affirment concernant les dix intellects moteurs séparés – qui ne sont ni des corps ni liés à un corps, et qu’ils décrivent en disant : « ni dans la matière ni attachés à la matière » – ainsi que les neuf âmes célestes, qui ne résident pas dans un corps ni dans une matière, mais demeurent néanmoins liées à la matière, c’est-à-dire au corps, par un lien de gouvernance et d’administration,

ما هو ثابت في الخارج أو عنى بهما جميعا ما هو متصور في الذهن وقيل إن في الذهن شيئين ماهية ووجودها أو في الخارج شيئان ماهية ووجودها فهذا خطأ. وبهذا التفصيل يزول الاشتباه والنزاع الموجود في أن الماهية هل هي غير وجودها أم لا فمن لم يفصل هذا التفصيل فإما أن يحار ويقف كالآمدي ونحوه وإما أن يختلف كلامه ويتناقض كالرازي ونحوه أو يصر على الباطل إذا نصر أحد القولين كبعض المتكلمين والمتفلسفة. والمقصود هنا التنبيه على مثار غلطهم وهو أنهم يتوهمون ما في الذهن موجودا بعينه في الخارج كما توهموا ذلك في هذه الكليات إما مجردة على رأي قدمائهم أصحاب المثل الأفلاطونية وأصحاب فيثاغورس وإما مقرونة بالموجودات على رأي متأخريهم كشيعة أرسطو ولهذا كان ما يثبتونه من المجردات المفارقة للمادة ليس يسلم لهم منها شيء إلا نفس الإنسان إذا فارقت بدنه فإنها تكون مفارقة لبدنه بالموت وإنما سموا ما سواها مجردا مفارقا للمادة من هذا الباب. فما أثبتوه من العقول العشرة المحركات المفارقات التي ليست جسما ولا متعلقة بجسم ويعبرون عن الجسم بالمادة فيقولون لا في مادة ولا متعلقة ومن النفوس الفلكية التسعة التي ليست في جسم ومادة لكنها متعلقة بالمادة التي هي الجسم تعلق التدبير والتصريف.

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