Quant à la division des attributs nécessaires en trois catégories : la première est incluse dans la quiddité, la seconde lui est extérieure, et ce qui se trouve au-dehors se subdivise à son tour en deux parties : l’une nécessaire à la quiddité elle-même, l’autre nécessaire à son existence. De même, la prétention selon laquelle la quiddité serait composée des attributs qui y sont inclus – c’est-à-dire les attributs essentiels, le genre et la différence spécifique, tels « animal » et « parlant » –, que l’être humain serait constitué de ces deux éléments, et que les définitions réelles ne seraient valables qu’à la condition de mentionner les attributs essentiels communs (le genre) et les attributs distinctifs (la différence spécifique) par lesquels se parfait l’espèce composée, comme l’homme se parfait par « animal » et « parlant » : tout cela relève de l’erreur que les théologiens dialecticiens musulmans ont dénoncée. Nous avons d’ailleurs rapporté, ailleurs, certaines de leurs remarques sur ce point – dans notre exposé sur le Muḥaṣṣal, dans celui sur la Logique des Ishârât, ainsi que, à propos de la logique grecque, dans un traité volumineux, un autre abrégé, et d’autres écrits encore.
En réalité, les termes « quiddité » (mâhiyyah) et « existence » peuvent être pris en ce sens que, par quiddité, on désigne ce qui est conçu dans l’esprit, et, par existence, ce qui se trouve à l’extérieur ; or, cela est exact, et les dialecticiens musulmans ne l’ont jamais contesté. Il ne fait aucun doute que la quiddité conçue dans l’esprit n’est pas identique à l’existant extérieur. Toutefois, ce qui est conçu dans l’esprit, lorsqu’il correspond à ce qui se trouve hors de lui, constitue une science ; de même, l’énoncé dont le sens réside dans l’esprit et dont la formulation se trouve sur la langue, s’il concorde avec la réalité externe, constitue une vérité, bien que l’énoncé lui-même ne soit pas la chose énoncée qui existe au dehors. De la même façon, lorsque nous concevons en nous la quiddité d’une chose, la représentation mentale présente dans l’âme correspond à ce qui se trouve à l’extérieur, sans que l’une soit identique à l’autre. Ainsi, celui qui affirme que la quiddité diffère de l’existence en entendant par quiddité l’image cognitive mentale et par existence ce qui est réalisé dans l’extérieur, celui-là dit vrai. Mais si, en parlant de la quiddité et de l’existence, il entend tous deux