Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Ce qui est connu en soi existe bel et bien à l’extérieur ; cette affirmation est correcte, car l’universel naturel est absolu, sans condition, et il correspond aux réalités concrètes qui se trouvent hors de l’esprit.

Ainsi, lorsque l’on déclare que le nom « homme » s’applique à tel individu comme à tel autre, l’énoncé est véridique ; il n’en va pas de même de l’universel intellectuel, lequel n’est posé qu’à la condition de l’absolu : il n’existe que dans les esprits et non dans les choses perçues, de sorte qu’il ne saurait s’accorder avec ce qui est au dehors. Il relève plutôt des constructions mentales, à l’instar de ce que l’intellect conçoit alors même que son existence extérieure est impossible, comme l’union ou la suppression simultanée des deux contradictoires.

Si l’on conçoit qu’une chose est à la fois existante et inexistante, ou qu’elle n’est ni existante ni inexistante, cette conception ne se produit que dans l’esprit et n’a pas lieu en dehors de lui. Aussi ceux qui ont imaginé que cet universel puisse exister à l’extérieur, soit conjointement aux existants particuliers, soit séparé d’eux, se sont-ils trompés, de la même manière que d’autres philosophes se sont trompés : ces derniers, en effet, prennent souvent pour existant au dehors ce qui n’existe que dans les esprits.

Tel fut l’égarement du premier d’entre eux, Pythagore et sa secte, au sujet des nombres absolus, concomitants et abstraits, qu’ils croyaient subsister hors des objets comptés et mesurés ; de même, l’erreur de Platon et de ses disciples au sujet des natures universelles – l’Homme universel, l’Animal universel –, qu’ils pensaient exister à l’extérieur comme des universalités dégagées des individus, éternelles et perpétuelles, sans commencement ni fin. Ils ont tenu les mêmes propos à propos du temps, de l’espace et de la matière : ils s’imaginèrent qu’il existe dehors une substance intellectuelle, pré-éternelle et éternelle, distincte des corps et de leurs accidents, ainsi qu’une substance exemplaire, pré-éternelle et éternelle, distincte des corps, de leurs mouvements et de la mesure de ces mouvements. Ils postulèrent encore l’existence d’une matière intellectuelle, dépouillée de toute forme, à savoir la matière première qu’ils soutiennent.

المعلوم في نفسي موجود في الخارج فهو صحيح فإن الكلي الطبيعي مطلق لا بشرط فهو مطابق للأعيان الموجودة في الخارج. فإذا قيل الإنسان يطلق على هذا وهذا كان صحيحا بخلاف الكلي العقلي فإنه يطلق بشرط الإطلاق وذاك إنما يوجد في الأذهان لا في الأعيان فلا يطابق ما في الخارج بل هو من باب المقدرات الذهنية كما يقدر في الذهن ما يمتنع وجوده في الخارج مثل الجمع بين النقيضين أو رفع النقيضين. فإذا قدر أن الشيء موجود معدوم أو لا موجود ولا معدوم فهذا التقدير لا يكون إلا في الذهن ولا يكون في الخارج والذين ظنوا أن هذا الكلي يكون في الخارج مقارنا للموجودات المعينة أو مفارقا لها فقد غلطوا في ذلك كما غلط أمثالهم من المتفلسفة فإن هؤلاء المتفلسفة كثيرا ما يغلطون فيظنون ما هو موجود في الأذهان موجودا في الخارج مثل غلط أولهم فيثاغورس وشيعته في الأعداد المقارنة المطلقة المجردة حيث ظنوا أنها تكون في الخارج مجردة عن المعدودات والمقدورات ومثل غلط أفلاطون وشيعته في الطبائع الكلية كالإنسان الكلي والحيوان الكلي حيث ظنوا أنها تكون في الخارج كليات مجردة عن الأعيان أزلية أبدية لم تزل ولا تزال وقالوا ذلك في الزمان والمكان والمادة فظنوا أن في الخارج جوهرا عقليا أزليا أبديا غير الأجسام وأعراضها وجوهرا مثالا أزليا أبديا غير الأجسام وحركاتها ومقدار حركاتها وظنوا وجود مادة عقلية مجردة عن جميع الصور هي المادة الأولية التي يثبتها هؤلاء.

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