la division du tout en ses parties ; ainsi, la parole se compose du nom, du verbe et de la particule, de même qu’une maison se compose du toit, des murs et du sol, ou que le corps humain se compose de la tête, de la poitrine, de l’abdomen, des cuisses, etc.
C’est pourquoi leur affirmation : « La parole se divise en trois catégories » vise précisément ce type de partage, tout comme l’on dit : « La demeure se divise en rez-de-chaussée et étage », ou : « Cette terre se partage en partie nue et partie arborée », et autres expressions analogues. Or cette division est celle que connaissent les fils d’Adam : elle porte sur une réalité existante et perçue en elle-même, soit une substance – tel un bien foncier –, soit un accident inhérent à la substance – telle la parole, les sons ou les couleurs.
Quant à l’autre division, elle ne survient qu’après que l’intellect ait extrait des particuliers une notion universelle, commune et générale ; il la subdivise ensuite en ses espèces et en les individus de celles-ci, à savoir ces mêmes particuliers. Les cinq universaux qu’ils nomment genre, différence spécifique, espèce, propriété et accident commun relèvent de cette division.
Dès lors, puisque l’objet de la « philosophie première » et de la « sagesse suprême » chez eux est l’Être universel, commun et absolu qui englobe tout existant, son terme et son concept embrassent l’ensemble des êtres. De même, les termes « thubût » (fixité, établissement), « shay’ » (chose) et assimilés correspondent, pour la majorité des spéculatifs, au terme « wujûd » (être).
La portée ultime du mot « être » n’excède donc pas celle du mot « chose », ni celle de « thubût », « hushûl » (survenance) et similaires. Or, ce concept n’est pas une réalité existante à l’extérieur pour que l’on puisse dire qu’il soit conforme ou non à l’âme ; il en va autrement lorsqu’on dit : « le Nécessaire-d’Être », « Seigneur des mondes », « Créateur de l’univers », car le référent de ce Nom existe par Lui-même – glorifié et exalté soit-Il – ; Il est le Vivant, le Subsistant, le Seigneur et le Souverain de toute chose. Lorsque l’âme Le connaît, elle sait où réside sa perfection : dans Sa connaissance et Son adoration. Il est – exalté soit-Il – le Très-Haut, le Suprême ; la science de Lui est la plus noble des sciences, car la connaissance est à la mesure de l’objet connu.
Quant à l’être universel et commun, semblable au terme « chose », il n’existe, en tant qu’universel, que dans