Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Neuvième considération : ils affirment que le plaisir consiste dans la perception de ce qui est conforme, et que la douleur résulte de la perception de ce qui est contraire. Que le plaisir soit en soi cette perception, cette sensation et cette connaissance, ou qu’il survienne à cause de la perception, de la sensation et de la connaissance, dans les deux cas la volupté n’apparaît que dans la perception de l’élément conforme. Ainsi, la simple perception et la science, en tant que telles, ne constituent pas le plaisir ni ne le provoquent ; en vérité, il n’y a de plaisir que dans la perception du conforme. Il est donc indispensable que l’objet connu, perçu et ressenti soit, en lui-même, conforme au sujet connaissant, sensible et percevant, afin que la perception qu’il en a engendre une délectation. Or il est notoire que ce qui convient à une chose est aimé d’elle, alors que ce qui lui est contraire est haï. Il faut donc, dans le plaisir comme dans la douleur, la réunion de trois éléments : une convenance ou une opposition entre le percevant et le perçu ; un amour ou une haine du percevant à l’égard du perçu ; puis la connaissance et la perception de celui-ci ; après quoi naît le plaisir ou la douleur. Cela montre que la plus parfaite des jouissances est la délectation de contempler Allah, comme l’attestent les textes des prophètes.

Dans le hadith authentique rapporté par Muslim d’après Ṣuhayb – qu’Allah l’agrée –, le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Lorsque les gens du Paradis entreront au Paradis, un héraut appellera : “Ô gens du Paradis ! Vous avez auprès d’Allah un rendez-vous qu’Il veut accomplir pour vous.” Ils diront : “Quel est-il ? Ne nous a-t-Il pas déjà illuminé le visage, admis au Paradis et délivrés du Feu ?” Alors Il lèvera le voile et ils Le contempleront ; et Allah ne leur aura rien donné de plus cher que cette vision – c’est cela l’accroissement. »

Il en ressort que la délectation procurée par cette vision est plus grande que toute jouissance antérieure.

الوجه التاسع: إنهم يقولون اللذة إدراك الملائم والألم إدراك المنافي وسواء كانت اللذة هي نفس الإدراك والشعور والمعرفة أم هي حاصلة بسبب الإدراك والشعور والمعرفة فعلى التقديرين إنما تكون اللذة في إدراك الملائم فلم يبق جنس الإدراك والعلم هو اللذة ولا موجبا للذة بل لا تكون اللذة إلا في إدراك الملائم فلا بد أن يكون المعروف المعلوم المشعور به المدرك ملائما في نفسه للعالم العارف الشاعر المدرك حتى يكون في إدراكه له لذة ومعلوم أن ما لاءم الشيء فهو محب له وما نافره فهو مبغض له فلا بد في اللذة والألم من ثلاثة أمور ملائمة ومنافرة بين المدرك والمدرك ومحبة أو بغضة من المدرك للمدرك ثم علم به وإدراك له ثم تحصل اللذة أو الألم بعد هذا وهذا مما يبين أن أكمل اللذات لذة النظر إلى الله كما دلت عليه نصوص الأنبياء. ففي الحديث الصحيح الذي رواه مسلم عن صهيب رضي الله عنه قال: قال رسول الله صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ: "إذا دخل أهل الجنة الجنة نادى مناد: يا أهل الجنة إن لكم عند الله موعدا يريد أن ينجزكموه قالوا: ما هو ألم يبيض وجوهنا ويدخلنا الجنة ويجرنا من النار؟ قال: فيكشف الحجاب فينظرون إليه فما أعطاهم شيئا أحب من النظر إليه وهي الزيادة" . فدل على أن اللذة الحاصلة بالنظر أعظم من كل لذة كانت قبل ذلك.

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