Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Sans plus ample explication, cela ne procure aucun bénéfice à l’homme ; leurs propos se ramènent donc à prétendre que le plaisir même se confond avec la science même, sans la moindre condition de conformité entre la chose connue et celui qui la connaît. Ils affirment que l’œil se délecte de la vue, l’oreille de l’audition, et que l’âme se délecte de l’intellection. Or il est manifeste que l’œil ne jouit pas de toute vision, ni l’oreille de toute audition ; de même, l’âme ne goûte pas la délectation de toute forme de connaissance. Il faut nécessairement que l’objet soit conforme, ou qu’il constitue un moyen d’accès à ce qui est conforme, ou encore qu’il fasse obstacle à ce qui est contraire, et ainsi de suite.

Huitième considération : S’il y a en elle amour et volonté, l’âme déploie forcément une activité pour se procurer l’objet aimé et voulu ; cela représente une forme de mouvement qui lui convient. En effet, le « mouvement », dans leur terminologie, ne se limite pas au déplacement d’un lieu à un autre ; le déplacement n’en est qu’une espèce. Ils parlent d’un mouvement dans la quantité, d’un mouvement dans la qualité, d’un mouvement dans le lieu (al-’ayn) et d’un mouvement dans la position (al-waḍʿ).

Le mouvement dans la qualité consiste en la transformation d’un sujet d’un attribut à un autre, que ce soit dans sa couleur, son goût, son odeur ou autre chose. De la même manière, lorsque l’âme passe de l’ignorance à la science, de l’aversion à l’amour, ou de la douleur à la délectation, il s’agit d’un mouvement qualitatif.

Le mouvement dans la quantité est l’exemple même de la croissance qui survient dans les corps des animaux et des végétaux. Le mouvement dans la position ressemble au mouvement des sphères célestes : leur rotation n’implique pas qu’elles sortent de leur propre domaine. Quant au mouvement local, il s’agit du transport, tel le déplacement de l’eau, de la terre, de l’air et des corps composés d’un espace à un autre.

Il en va donc ainsi : l’âme, après la mort, demeure animée d’amour pour un objet et de désir ; si elle l’obtient, elle s’en délecte, sinon elle souffre. Elle éprouve ainsi douleur ou plaisir selon ce qu’elle perçoit de conforme ou de contraire, et cela constitue un mouvement. Il est d’ailleurs évident que tout ce qui éprouve douleurs et délices doit nécessairement être sujet à une forme quelconque de mouvement.

من غير بيان فلا يفيد الإنسان فيعود كلامهم إلى أن نفس اللذة هي نفس العلم من غير تقييد بالملائمة للمعلوم ويقولون إن العين تلتذ بالنظر والأذن بالسمع والنفس تلتذ بالعقل ومعلوم أن العين لا تلتذ برؤية كل شيء ولا يلتذ السمع بسمع كل شيء كذلك النفس لا تلتذ بعقل كل شيء بلا لا بد أن يكون ذلك الشيء ملائما أو عونا على الملائم أو مانعا من المنافي ونحو ذلك. الوجه الثامن: أن يقال إذا كان لها حب وإرادة كان لها عمل في تحصيل المحبوب المراد وهذا نوع من الحركة التي تناسبها فإن الحركة في اصطلاحهم ليست هي النقلة من مكان إلى مكان بل النقلة نوع من الحركة وهم يقولون حركة في الكم وحركة في الكيف وحركة في الأين وحركة في الوضع فالحركة في الكيف هو تحول الموصوف من صفة إلى صفة إما في لونه وإما في طعمه أو ريحه أو غير ذلك وكذلك النفس إذا كانت جاهلة فصارت عالمة أو كانت مبغضة فصارت محبة أو كانت متألمة فصارت ملتذة فهذا حركة في الكيف. والحركة في الكم مثل النمو الذي يحصل في أبدان الحيوان والنبات. والحركة في الوضع مثل حركة الفلك فإن حركته لا توجب خروجه من حيزه والحركة في الأين هي النقلة مثل حركة الماء والتراب والهواء والمولدات من حيز إلى حيز وإذا كان كذلك فالنفس بعد الموت لها محبة لشيء وطلب إن حصل التذت به وإلا تألمت فهي متألمة أو ملتذة لما تدركه من مناسب أو مناف وهذه حركة ومن المعلوم بالضرورة أن ما يحدث له آلام ولذات فلا بد له من نوع حركة.

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