C’est là une opinion innovée dans l’Islam ; aucun des Compagnons, ni des Successeurs bien guidés, ni l’ensemble des imâms des musulmans ne l’a jamais soutenue. Pourtant, dans nombre d’ouvrages de kalâm, on ne trouve rapportée des musulmans que cette seule position, et certains l’ont même attribuée à la plupart d’entre eux. La raison en est que ceux qui la mentionnent, tel Fakhr ad-Dîn ar-Râzî et consorts, n’ont pas connaissance des propos des Compagnons, des Successeurs et des imâms des musulmans sur les questions touchant aux fondements de la religion ; ils ne connaissent en réalité que les doctrines des jahmites, des muʿtazilites et autres théologiens tardifs. Or, tous ceux-là sont considérés comme des innovateurs par les Pieux Prédécesseurs de la communauté et par ses imâms. Les polémiques qu’ils ont menées avec les philosophes ont engendré beaucoup de mal dans l’Islam, car ils débattent avec une profonde ignorance, tant en matière rationnelle qu’en matière scripturaire.
Troisième opinion : l’avis de ceux qui nient le retour si ce n’est celui des seules âmes – c’est-à-dire de l’âme rationnelle –, comme le prétendent certains philosophes.
Quatrième opinion : la négation absolue du retour, position de ceux qui refusent toute rétribution après la mort, à l’instar des polythéistes arabes d’autrefois et d’autres peuples. Voilà pourquoi Allah a clarifié le retour dans Son Livre par divers modes d’exposition, comme cela a été développé en son lieu.
Septième aspect : on dira que, si l’âme, après sa séparation (du corps), ne possède ni amour ni désir, elle ne saurait goûter aucun plaisir ; l’existence d’une jouissance sans amour est impensable, inexistante, bien plutôt impossible. Ainsi, lorsqu’ils affirment qu’après la séparation il ne demeure pour l’âme que la simple