Ils prétendent donc qu’il existe pour ces textes une interprétation ésotérique et un sens caché qui contredisent l’apparence évidente reconnue des musulmans : la prière, selon eux, consiste à connaître leurs secrets, le jeûne à dissimuler ces secrets, et le pèlerinage à visiter leurs maîtres, ainsi que d’autres assimilations du même genre. Ils vont même jusqu’à déclarer que ces obligations sont levées pour l’élite, tandis qu’elles subsistent pour la masse. Quant aux passages relatifs à la Résurrection, aux Noms et Attributs d’Allâh et à Ses anges, leurs prétentions à leur sujet sont encore plus étendues et plus nombreuses.
Un groupe de personnes se réclamant du taṣawwuf et de la kalâm a adopté nombre de leurs assertions, que ce soit dans le domaine purement spéculatif ou dans la théorie jointe à la pratique. Les propos d’Ibn ʿArabî, d’Ibn Sabʿīn et de leurs semblables parmi les soufis athées se ramènent en réalité à ces mêmes doctrines.
Ces hérétiques issus des philosophes, des qarmates et de leurs adeptes affirment que la prophétie possède trois caractéristiques ; quiconque les réunit est, selon eux, un prophète. À leurs yeux, la prophétie ne cesse jamais : Allâh, prétendent-ils, suscite continuellement un prophète après un autre. Nombre d’entre eux soutiennent de plus qu’elle est susceptible d’être acquise, et as-Suhrawardî