l’Être qualifié, et ils identifient l’un des deux attributs à l’autre ; ils prétendent que la science même est le plaisir même, qu’elle est le savant lui-même et celui qui goûte ce plaisir. Or, la nullité d’une telle affirmation est manifeste pour la raison saine.
Quant à ceux parmi les soufis et les théologiens spéculatifs qui ont suivi la voie des philosophes et qui ont admis la délectation de la connaissance d’Allah ainsi que la délectation de la vision de Son Noble Visage dans l’au-delà, ils ont réduit cette jouissance à la simple conscience de Son existence, ou à quelque chose de cet ordre, comme le rapporte Abû Ḥâmid al-Ghazâlî et ceux qui ont marché sur ses traces. Abû Naṣr al-Fârâbî et d’autres philosophes ont adopté cette voie : ils ont certes reconnu le hadith rapporté par le Messager concernant la vision d’Allah dans l’au-delà, mais ils ont interprété cette vision selon la signification qu’ils avaient posée sur leurs principes corrompus.
Ces gens, qui ont mêlé philosophie et kalâm, bien qu’ils soient plus proches de la vérité – tant rationnelle que révélée – que les premiers, n’ont cependant pas affirmé pour Allah tout ce qu’Il mérite comme Noms et Attributs, tels que l’ont énoncés le Livre et la Sunna ; ils n’ont pas non plus affirmé tout ce qu’ont apporté les Messagers au sujet de Son amour, de Son adoration et de la délectation de Sa vision, comme l’ont établi les Pieux Prédécesseurs, leurs imâms ainsi que les gens de la Sunna et du hadith.
Il est en effet rapporté dans le Ṣaḥîḥ de Muslim, d’après Ṣuhayb – qu’Allah l’agrée – que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a dit :
« Lorsque les gens du Paradis auront gagné leurs demeures, un héraut appellera : “Ô gens du Paradis ! Vous avez auprès d’Allah un rendez-vous qu’Il veut accomplir pour vous.” Ils diront : “Quel est-il ? Ne nous a-t-Il pas déjà embelli… »