est une cause de la volupté qu’il procure ; de même, la vision d’un objet agréable est cause de la volupté qu’il procure, et la connaissance de ce qui est approprié est cause de la volupté qu’on en retire. Le plaisir, en effet, ne se produit que s’il existe entre celui qui se délecte et l’objet dont il se délecte une adéquation – à savoir l’amour. Si donc le savant, le percevant, n’aime pas ce qu’il connaît et perçoit, ou le moyen par lequel il y parvient, il ne goûtera aucun plaisir par le seul fait de la connaissance et de la perception. C’est pourquoi il arrive à l’homme de percevoir et de connaître ce qui le fait souffrir tout comme il perçoit et connaît ce qui le réjouit. Il apparaît donc que la science et la perception ne sont ni le plaisir lui-même, ni un agent qui l’engendre nécessairement ; elles n’en sont qu’une condition et une cause, en ce sens que, lorsqu’à l’amour de la chose connue et perçue se joint la perception et la connaissance de celle-ci, le plaisir en découle, sinon non.
Or, ces gens affirment qu’il s’agit d’une perception spécifique, à savoir la perception de ce qui convient ; dès lors, la perception serait, selon eux, un genre comprenant deux espèces, dont l’une serait le plaisir. Si l’une est le plaisir, la douleur devrait être la perception de ce qui est contraire ; la perception aurait ainsi deux espèces : le plaisir et la douleur, et la science même, l’ouïe, la vue et le goût seraient tantôt douleur, tantôt plaisir – assertion dont la fausseté est évidente d’elle-même.
Il en résulterait encore que la parole de quelqu’un disant : « J’ai su cela, je l’ai vu, je l’ai entendu », lorsque la chose lui est conforme, équivaudrait à : « Je m’en suis délecté, j’en ai été heureux, ma joie en a été grande, j’en ai exulté », ou, pareillement, à : « J’en ai été peiné, j’en ai souffert », et ainsi de suite – et l’erreur de telles équivalences est manifeste.
Ceci constitue, de leur part, une négation des attributs multiples : ils ont en effet identifié la personne même du rationaliste savant à son intellect et à sa science, puis son intellect et sa science à sa volonté, et sa volonté à sa puissance – tout cela étant reconnu comme faux par la raison évidente.
Et Allah – exalté soit-Il – a inscrit dans la nature des serviteurs la reconnaissance de Son existence et l’amour qu’on Lui porte ; et le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :