Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

est une cause de la volupté qu’il procure ; de même, la vision d’un objet agréable est cause de la volupté qu’il procure, et la connaissance de ce qui est approprié est cause de la volupté qu’on en retire. Le plaisir, en effet, ne se produit que s’il existe entre celui qui se délecte et l’objet dont il se délecte une adéquation – à savoir l’amour. Si donc le savant, le percevant, n’aime pas ce qu’il connaît et perçoit, ou le moyen par lequel il y parvient, il ne goûtera aucun plaisir par le seul fait de la connaissance et de la perception. C’est pourquoi il arrive à l’homme de percevoir et de connaître ce qui le fait souffrir tout comme il perçoit et connaît ce qui le réjouit. Il apparaît donc que la science et la perception ne sont ni le plaisir lui-même, ni un agent qui l’engendre nécessairement ; elles n’en sont qu’une condition et une cause, en ce sens que, lorsqu’à l’amour de la chose connue et perçue se joint la perception et la connaissance de celle-ci, le plaisir en découle, sinon non.

Or, ces gens affirment qu’il s’agit d’une perception spécifique, à savoir la perception de ce qui convient ; dès lors, la perception serait, selon eux, un genre comprenant deux espèces, dont l’une serait le plaisir. Si l’une est le plaisir, la douleur devrait être la perception de ce qui est contraire ; la perception aurait ainsi deux espèces : le plaisir et la douleur, et la science même, l’ouïe, la vue et le goût seraient tantôt douleur, tantôt plaisir – assertion dont la fausseté est évidente d’elle-même.

Il en résulterait encore que la parole de quelqu’un disant : « J’ai su cela, je l’ai vu, je l’ai entendu », lorsque la chose lui est conforme, équivaudrait à : « Je m’en suis délecté, j’en ai été heureux, ma joie en a été grande, j’en ai exulté », ou, pareillement, à : « J’en ai été peiné, j’en ai souffert », et ainsi de suite – et l’erreur de telles équivalences est manifeste.

Ceci constitue, de leur part, une négation des attributs multiples : ils ont en effet identifié la personne même du rationaliste savant à son intellect et à sa science, puis son intellect et sa science à sa volonté, et sa volonté à sa puissance – tout cela étant reconnu comme faux par la raison évidente.

Et Allah – exalté soit-Il – a inscrit dans la nature des serviteurs la reconnaissance de Son existence et l’amour qu’on Lui porte ; et le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – a dit :

سبب للذة به وكذلك رؤية الشيء الحسن سببب للذة به والعلم بالشيء الملائم سبب للذة به فاللذة لا تحصل إن لم تكن بين الملتذ والملتذ به ملائمة وهي المحبة فإن لم يكن العالم والمدرك محبا لمعلومه ومدركه أو لما يحصل به لم يلتذ بسبب العلم والإدراك ولهذا قد يدرك الإنسان ما يؤذيه ويعلم ما يؤذيه كما يدرك ويعلم ما يلتذ به فتبين أن العلم والإدراك ليس هو اللذة ولا موجبا لها بل هو شرط فيها وسبب لها بمعنى أنه إذا حصل الحب للمعلوم والمدرك وحصل إدراكه ومعرفته حصلت اللذة به وإلا فلا. وهؤلاء يقولون: إنه إدراك مخصوص وهو إدراك الملائم فيكون الإدراك على قولهم جنسا تحته نوعان أحدهما اللذة وإذا كان أحدهما اللذة فينبغي أن يكون الألم إدراك المنافي فيكون أحد نوعيه اللذة والآخر الألم ويكون نفس العلم والسمع والبصر والذوق تارة ألما وتارة لذة وفساد هذا معلوم بالضرورة. وينبغي أن يكون قول القائل: علمت هذا ورأيته وسمعته إذا كان ملائما له بمنزلة قوله تنعمت به وفرحت به وسررت به وابتهجت به وبمنزلة قوله تأذيت به وتألمت به ونحو ذلك ومعلوم فساد هذا وهذا، وهذا ونفيهم فيه نفي الصفات المتعددة كما جعلوا نفس العاقل العالم هو نفس عقله وعلمه ونفس عقله وعلمه هو نفس إرادته ونفس إرادته هو نفس قدرته وكل هذا يعلم فساده بصريح العقل. والله تعالى فطر العباد على الإقرار به ومحبته وقد قال النبي صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ

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