l’éternité, ni qu’aucune chose de l’univers — ni les sphères célestes ni toute autre créature — ne soit éternelle. Dès lors, cet argument n’apporte aucune preuve à l’appui de la thèse visée ; il ne fait que montrer la fausseté de l’opinion selon laquelle l’Agent serait devenu agent après ne l’avoir jamais été, et cela sans aucune cause. Or, cette opinion appartient à un groupe de théologiens spéculatifs que les Pieux Prédécesseurs et les imâms ont blâmé ; elle était inconnue des premiers musulmans et des autorités de la religion, sans parler des Prophètes et des Messagers. La réfutation de cette opinion, même si elle est avérée, n’implique nullement l’affirmation de la prééternité du monde ni d’aucune de ses composantes ; elle ne fait que ruiner les assertions des théologiens novateurs, tels les Muʿtazilites et ceux qui suivent leur voie. Il ressort ainsi que les preuves rationnelles sont conformes à ce qu’a apporté le Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue.
Par ailleurs, l’une des démonstrations de la fausseté de la doctrine de ceux qui soutiennent la prééternité du monde au moyen du « Nécessitant par essence » consiste à dire : ou bien la seule essence de cet Être suffit à nécessiter le monde, ou bien cette nécessitation dépend d’un autre facteur. Dans le premier cas, il s’ensuivrait que toute chose dans l’univers serait éternelle et subsisterait par l’éternité et la permanence du nécessitant ; car, s’il n’existe qu’un agent parfait, éternel et inséparable de son effet, il faut que celui-ci soit éternel avec lui, partageant sa prééternité — ce qui contredit ouvertement l’évidence sensible. Dans le second cas, si son influence est subordonnée à un élément distinct, une telle dépendance — unanimement impossible — annulerait leur prétention à la prééternité du monde. Et si l’on soutient que cet élément distinct est, avec lui, éternel et nécessaire, et que leur conjonction constitue la cause totale, il s’ensuivrait que les effets partagent également leur éternité. Ainsi, que l’on conçoive l’agent nécessitant éternel comme unique ou multiple, dès qu’il est affirmé