Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

l’éternité, ni qu’aucune chose de l’univers — ni les sphères célestes ni toute autre créature — ne soit éternelle. Dès lors, cet argument n’apporte aucune preuve à l’appui de la thèse visée ; il ne fait que montrer la fausseté de l’opinion selon laquelle l’Agent serait devenu agent après ne l’avoir jamais été, et cela sans aucune cause. Or, cette opinion appartient à un groupe de théologiens spéculatifs que les Pieux Prédécesseurs et les imâms ont blâmé ; elle était inconnue des premiers musulmans et des autorités de la religion, sans parler des Prophètes et des Messagers. La réfutation de cette opinion, même si elle est avérée, n’implique nullement l’affirmation de la prééternité du monde ni d’aucune de ses composantes ; elle ne fait que ruiner les assertions des théologiens novateurs, tels les Muʿtazilites et ceux qui suivent leur voie. Il ressort ainsi que les preuves rationnelles sont conformes à ce qu’a apporté le Messager — qu’Allah prie sur lui et le salue.

Par ailleurs, l’une des démonstrations de la fausseté de la doctrine de ceux qui soutiennent la prééternité du monde au moyen du « Nécessitant par essence » consiste à dire : ou bien la seule essence de cet Être suffit à nécessiter le monde, ou bien cette nécessitation dépend d’un autre facteur. Dans le premier cas, il s’ensuivrait que toute chose dans l’univers serait éternelle et subsisterait par l’éternité et la permanence du nécessitant ; car, s’il n’existe qu’un agent parfait, éternel et inséparable de son effet, il faut que celui-ci soit éternel avec lui, partageant sa prééternité — ce qui contredit ouvertement l’évidence sensible. Dans le second cas, si son influence est subordonnée à un élément distinct, une telle dépendance — unanimement impossible — annulerait leur prétention à la prééternité du monde. Et si l’on soutient que cet élément distinct est, avec lui, éternel et nécessaire, et que leur conjonction constitue la cause totale, il s’ensuivrait que les effets partagent également leur éternité. Ainsi, que l’on conçoive l’agent nécessitant éternel comme unique ou multiple, dès qu’il est affirmé

الأزل ولا على أن شيئا من العالم قديم لا الأفلاك ولا غيرها فإذا كان كذلك فليس فيها ما يدل على مطلوبه وإنما يدل على بطلان قول من يجعل الفاعل صار فاعلا بعد أن لم يكن بلا سبب أصلا لكن هذا قول طائفة من أهل الكلام الذي ذمه السلف والأئمة ليس هذا القول معروفا عند سلف المسلمين وأئمة الدين فضلا عن الأنبياء والمرسلين وليس في بطلان هذا القول إن بطل إثبات قدم العالم ولا شيء منه بل إنما يدل على بطلان ما يقوله أهل الكلام المبتدع كالمعتزلة ومن سلك سبيلهم وهذا مما يتبين به أن أدلة العقول موافقة لما جاء به الرسول صَلَّى اللَّهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ ومما يبين فساد قول هؤلاء القائلين بقدم العالم عن الموجب بالذات أن يقال إما أن يكون مجرد ذاته هي الموجب للعالم أو هي متوقفة على أمر آخر فإن كان الأول لزم قدم كل شيء في العالم ودوامه بقدم الموجب ودوامه فإنه إذا لم يكن هنا إلا مؤثر تام قديم مستلزم لأثره لزم أن يكون أثره قديما معه بقدمه وهو مكابرة للحس وإن كان تأثيره موقوفا على غيره كان هذا مع بطلانه بالاتفاق مبطلا لقولهم بقدم العالم وأن يقال ذلك الغير إن كان قديما واجبا معه ومجموعهما هو العلة التامة لزم قدم الآثار بقدمهما فسواء فرض المؤثر القديم الموجب واحدا أو عددا متى قيل

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