Quant au principe d’où elle provient, il constitue pour elle le principe immédiat dans l’ordre de l’existence et le point de retour le plus rapproché sur l’échelle de la perfection. Ils affirment, en outre, que chaque sphère céleste possède une âme motrice, et que toute âme a pour guide un intellect séparé qu’elle imite dans ses actes comme dans sa compréhension, jusqu’à ce qu’on parvienne à la première sphère : son âme est la première des âmes et son intellect le premier des intellects, et cet être est le premier existant émané du Principe premier.
À propos de ce Principe premier, ils soutiennent qu’il est lui aussi un intellect, mais l’intellect le plus élevé en degré, perpétuellement en acte. Tout intellect autre que Lui prend pour modèle un autre que soi, et son modèle n’est autre que son principe immédiat, tandis que Lui — qu’Il soit exalté — est le modèle de tout ce qui prend un modèle et le principe de tout principe ; Il est donc le Principe premier et la Divinité suprême, et ils ne reculent pas devant le nommer « intellect ».
Or, le terme « ʿaql » qu’ils emploient ici a été rendu en arabe à partir d’un mot de la langue grecque, alors même que la place qu’il occupe dans cette langue ne correspond pas à celle que le mot ʿaql occupe en arabe dans son acception première, ainsi que nous l’avons exposé dans la science de l’âme : dans la langue arabe, le ʿaql désigne ce qui retient les pensées et les passions de l’homme, l’empêchant de laisser ses résolutions suivre librement leurs penchants. En effet, l’être humain est porté, sous l’impulsion de ses premières pensées dictées par le désir ou la colère, vers certaines choses, mais le ʿaql le ramène