- La seconde opinion : elles seraient des substances subsistant par elles-mêmes, à l’instar de l’âme rationnelle ; c’est vers cette thèse qu’inclinent Ibn Sīnā et d’autres, et la question est développée ailleurs.
L’objet de notre propos, ici, est que, selon eux, l’âme rationnelle demeure, après sa séparation du corps, sous la forme d’un Intellect dépourvu de toute quête, volonté ou amour du savoir ; voilà, à leurs yeux, la perfection.
Aussi, lorsque Abū al-Barakāt rapporte leur doctrine, il l’expose en ces termes :
« Chapitre II – Exposé de l’opinion d’Aristote et de ses disciples concernant le commencement de la création. Il dit : Celui qui examine sa parole constatera que Dieu, d’où la création a émané, est unique à tous points de vue, sans aucune multiplicité, et que de l’Un ne procède qu’un seul être. La première créature parmi les existants est donc un être unique, le plus proche de Lui et le plus semblable à Lui. Je le nomme “Intellect”. Le sens qu’il donne à l’Intellect se comprend par analogie avec l’âme humaine : il s’agit d’une substance spirituelle, non corporelle, comme l’âme. Toutefois, l’âme est liée au corps – telle l’âme individuelle de l’homme, l’âme de la sphère céleste ou l’âme de l’astre qui la met en mouvement – car elle exerce directement l’impulsion ; tandis que l’Intellect est exempt des corps et de leurs attaches. L’âme, quant à elle, s’apparente à une puissance, en ce qu’elle meut les corps et modifie leurs états, de sorte qu’elle perçoit leurs événements renouvelés dans…"