Cependant, l’exposé qu’ils ont présenté comporte des manquements et des insuffisances sous plusieurs angles :
Premièrement : Leur discours se limite à une formule générale ; il n’expose pas les catégories dans lesquelles la convoitise et la colère doivent être mises à contribution, ni celles où elles ne doivent pas l’être, pas plus qu’il ne précise la mesure dans laquelle chacune de ces deux forces doit ou ne doit pas être sollicitée. C’est semblable à quelqu’un qui se contenterait de savoir que les humeurs du corps se divisent en chaude et froide, et qu’il conviendrait d’employer ce qui rétablit leur équilibre : une parole aussi globale ne permet ni de préserver la santé, ni de guérir la maladie.
Deuxièmement : À supposer même que l’équilibre entre la convoitise et la colère soit atteint, cela, en soi, ne procure pas le bonheur ; et quand bien même on y adjoindrait ce qu’ils appellent « science », ils ne disposent d’aucune preuve que le bonheur s’obtienne de cette manière. Les Messagers – que la paix soit sur eux – sont unanimes pour affirmer que cela, à lui seul, ne saurait engendrer le bonheur.
Troisièmement : Le savoir par lequel le bonheur se réalise – ils n’en ont ni identifié la nature, ni déterminé la mesure.
Quatrièmement : Le savoir qui constitue l’origine et le sommet du bonheur est la connaissance d’Allah ; or, ils sont la faction qui en est la plus éloignée. Parmi les doctrines connues touchant à la science divine, on n’en trouve aucune qui s’écarte davantage de la vérité que la leur, car même la position des Juifs et des Chrétiens en la matière est plus proche de la vérité que la leur.