et à la confirmation de la réalité des anges et de la Parole d’Allah ; sous ce rapport, ils leur sont préférables, sauf celui – parmi les Juifs et les Chrétiens – qui s’est rangé à la doctrine des philosophes : celui-là cumule la déficience propre à la mécréance sous deux aspects, et sa condition est plus déplorable que celle des uns et des autres.
Le bonheur est donc subordonné à deux conditions : la foi et l’œuvre vertueuse – une science profitable et une action pie, une bonne parole et une action pie –, les deux devant impérativement être conformes à l’enseignement des messagers. Ubayy ibn Kaʿb, qu’Allah l’agrée, a dit : « Tenez-vous à la voie et à la Sunna, car il n’est point de serviteur qui, demeurant sur la voie et la Sunna, évoque Allah dans la solitude et que sa peau frissonne de crainte, sans que ses péchés ne tombent de lui comme tombent les feuilles sèches d’un arbre ; et il n’est point de serviteur qui, demeurant sur la voie et la Sunna, évoque Allah dans la solitude et que ses yeux se remplissent de larmes par crainte d’Allah, sans que le Feu ne le touche jamais. » Une pratique mesurée, mais conforme à la voie et à la Sunna, vaut mieux qu’un effort intense qui s’en écarte ; veillez donc à ce que vos œuvres, qu’elles procèdent d’un labeur soutenu ou d’une conduite mesurée, s’alignent sur la voie des prophètes et leurs traditions.
Or, ceux-là ont pensé que la perfection ne résidait que dans la science, l’action n’étant pour eux qu’un simple moyen ; puis, tant dans leur savoir que dans leur pratique, ils se sont détournés de la voie et des traditions des prophètes. Quant aux Nazaréens, parce qu’ils ont introduit dans leur culte une part de polythéisme et d’innovation, ils sont sortis de la ḥanîfiyyah, laquelle consiste à n’adorer qu’Allah Seul et à L’adorer selon ce qu’Il a légiféré, non à L’adorer au moyen d’innovations. Au sujet des Nazaréens, Allah – Très-haut – dit :
« Ils ont pris leurs savants et leurs moines pour seigneurs en dehors d’Allah, de même que le Messie, fils de Maryam ; alors qu’on ne leur avait ordonné que d’adorer une Seule Divinité – point de divinité digne d’adoration en dehors de Lui ; pureté à Lui ! Il est bien au-dessus de ce qu’ils associent. »
(Sourate at-Tawbah, v. 31)
Et Il – Exalté soit-Il – dit également :
« Quant au monachisme qu’ils ont innové, Nous ne le leur avons prescrit que pour rechercher l’agrément… »