Or ceux-ci, parce qu’ils ont cru que la perfection de l’homme résidait dans la seule connaissance de l’existence et que, selon eux, les notions qu’ils exposaient suffisaient à atteindre cette connaissance, en vinrent à penser que le « connaissant » parmi eux n’était plus astreint aux obligations légales ni retenu par les interdictions de la Loi. Au point qu’ils sont devenus un exemple proverbial : l’épistolier, dans ses lettres, dira :
« Ils ont porté atteinte à mon inviolabilité comme les philosophes se sont autorisés les choses prohibées par les lois révélées. »
C’est pour cette raison que les athées ésotéristes (al-mulḥida al-bāṭiniyya) ont suivi cette voie : ils déclarent les obligations canoniques nulles et non avenues pour les adultes de leur communauté et leur rendent licites ce que la Loi interdit. Certains soufis à tendance ésotériste ont adopté une forme de ce dévoiement, sans toutefois atteindre l’incroyance des ismaïliens athées et assimilés parmi ceux qui se réclament du chiisme ; d’ailleurs, l’ensemble des chiites musulmans s’accorde à les tenir pour mécréants. Ces groupes n’ont rien à voir avec le ḥanifisme – la religion d’Ibrâhîm – ni, plus généralement, avec la voie de l’ensemble des envoyés.
En vérité, Allah – Très-haut – a envoyé les messagers afin qu’ils appellent les créatures à L’adorer Lui seul, sans associé. Il dit :
« Je n’ai créé les djinns et les hommes que pour qu’ils M’adorent. » (Coran 51 : 56)
Il dit aussi :
« Nous n’avons envoyé avant toi aucun messager sans lui révéler : “Il n’est de divinité que Moi ; adorez-Moi donc.” » (Coran 21 : 25)
Il dit encore :
« Nous avons certes envoyé dans chaque communauté un messager (disant) : “Adorez Allah et écartez-vous du ṭâghût.” » (Coran 16 : 36)
Et Il dit :
« Ô hommes ! Adorez votre Seigneur, Celui qui vous a créés, vous et ceux qui vous ont précédés, afin que vous atteigniez la piété. » (Coran 2 : 21)
Il rapporte également que chaque prophète appela son peuple à cette même vérité. Ainsi, au sujet de Noé, Il dit :
« Nous avons certes envoyé Noé à son peuple ; il leur dit : “Ô mon peuple ! Adorez Allah ; vous n’avez d’autre divinité que Lui. Je crains pour vous le châtiment d’un Jour terrible.” » (Coran 7 : 59)
Et, au sujet de Hûd, Il dit :